« Le ciel se déploie d’un seul trait » Fuxi





Le Taïji naît du grand UN, du Taïyi…

Comme en calligraphie, où les 8 traits fondamentaux naissent de l’unique tracé du « Un ».

Comme tous les mouvements de la forme sont construits sur le principe de « l’ours constant ».

Comme tous les mouvements du Taïji émergent, instant après instant, du Wuji (sans-limite), expression du Dao.

Dans le pinceau, le ciel et la terre se rencontrent.

A travers notre Posture, le ciel et la terre s’unifient…

Par le geste, par le souffle, le ciel s’exprime sur la terre.

Sur la feuille de nos vies…


  

Dans la pratique de la calligraphie, tous les traits sont construits sur la structure de ce “Un”.

En forme de spirale, d’un lemniscate, ce “Un” est rond, infini, sans limite…

Il commence toujours et ne finit jamais.

Son mouvement est fondé par un centre, vers un centre, par un retour au centre, retour à l’origine…

Comme devraient être nos actes.

Ce « Un » n’est pas un chiffre à côté du “deux”. Le “deux” naît du « Un »… sans l’effacer.

Dans le “deux”, le “Un” est toujours présent.

  

«L’ours constant » a la même structure interne que ce « Un », qui est tout sauf un trait horizontal.

A la fois “deux” (vider-remplir, étendre-ployer, compresser-relâcher) et “Un”.

Le deux est (devrait être) la danse du “Un” ! 

Le « presser-relâcher » est la base de la technique de la pointe du pinceau (elle même composée de trois niveaux); comme il est la base de la mise en circulation du QI dans le massage Tuina;
comme il est la base du mouvement dans le Taïjiquan; 

Le presser-relâcher met en mouvement le Qi. 

Un trait véritable doit non seulement avoir une structure interne, on dira “des os”;
une épaisseur de qualité, on dira “de la chair” et “des muscles”;
un contour bien défini, on dira “une peau”.

Et surtout, qu’il soit un souffle, que ce ne soit pas un trait mort mais vivant, on dira qu’il a du Qi.

  

Tous les mouvements de la forme devraient avoir des os, de la chair et des muscles, une peau délicate, et être animés d’un Souffle, du Qi…

Tous les mouvements doivent au final se relier, comme dans un grand corps, comme on relie tous les traits d’un même caractère ensemble, comme une longue rivière qui coule sans fin.

Le “Un” et le multiple ne sont pas opposés : Le multiple est l’expression du “Un”.

Les voir séparés est une vue erronée de l’esprit.

  

 

Autour de quoi sont reliés nos journées et nos vies ?

Autour de quoi sont reliés tous les mouvements de notre forme de Taïjiquan ?

Autour de quel principe unificateur, autour de quelle cohérence ?

Comment est tracé chaque trait de l’instant, de mon existence ?

L’espace prend forme à partir du trait.

La forme de notre Taïji comme de nos vies, à partir d’un mouvement, d’un Agir.

Cet agir est-il libre, spontané ou conditionné ?

Tel est le propos : celui d’une libération des entraves et autres travers, dis-traction pour nous ramener vers l’unique nécessaire.

   

Selon Me Cheng, la calligraphie est reliée à la sagesse et à la philosophie chinoise, bien que de nos jours, les peintres aient délaissé la “cultivation” du Qi pour l’esthétique, la fortune et les richesses.

Le propos, dans l’art du Taichi comme dans celui de la calligraphie, n’est pas la recherche de l’esthétique, des honneurs et de la richesse, mais de se libérer, par la “cultivation” du QI.

Se cultiver, par son trait, par son attitude, par sa geste, nourrir son propre jardin et par là même, l’univers entier.

 

La feuille blanche a des contours infinis…

 

H.L.

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Photographies : Salomé Loygue