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La liberté … « canada dry » !

La liberté … « canada dry » !

On a jamais autant parlé du respect de la liberté de chacun.

Liberté des femmes, liberté de penser, de pratiquer sa religion, des moeurs…  Tant de belles revendications, mais de quoi parle-t-on exactement, lorsque l’on parle de liberté ?

Comment un être soumis à sa biologie, à son héritage, à son histoire, sa géographie, à sa culture, aux pulsions cosmiques qui l’habitent, dont les plus obscures… comment cet être peut-il prétendre à une once de liberté ?

Il n’y a de liberté que chez un être libéré !

Mais libéré de quoi, ou plutôt libéré de qui ?

Quel est ce ‘je » qui veut se libérer exactement ?

On veut se libérer de son travail, de ses obligations, de ses parents, de ses pensées… mais on se promène partout avec soi, avec son atavisme. La seule libération qui nous libère de tout est la libération de soi.

Il conviendrait mieux de dire que l’on veut faire ce que les désirs nous poussent à faire, ce qui nous traverse,  ce qui s’impose à nous et à quoi on n’a pas la force, le courage, l’audace de résister !

Sous ce noble enrobage, que d’obscures pulsions, que de sombres desseins… qui ne témoignent que du manque de clarté, du manque de lucidité, du manque cruel… de liberté !

Et tant pis si ça exploite, ça impose, ça détruit, consume, profite… du moment que le plaisir est là…

Mais le plaisir n’est pas le bonheur, loin de là.

Le plaisir enferme sur soi alors que le bonheur ouvre aux autres, témoigne de la grandeur qui nous habite.

Quelle est la liberté d’un corps soumis à ses lois biologiques, à ses hormones ?

Quelle est la liberté du psychisme emmuré dans son inconscient ? Dans ses fantasmes et sa mémoire ?

Quelle est la liberté d’un esprit contaminé, rétrécit à l’identification mentale et obscurci par ces deux derniers ?

On se gausse de grands discours, mais ça sent le rance, l’avarié, ça sent l’embouteillé, le profit et l’intérêt.

On parle, par la langue des autres, d’expériences qui ne sont pas les siennes. Et nos actes témoignent contre nous de l’ignorance dans laquelle nous agissons.

Comme des chiens, nous avons besoin de notre os dans la gueule, et de fortes odeurs dans lesquelles nous rouler… Liberté ?

Nous assistons sans broncher au grand délitement, que ce soit du tissu familial, social, professionnel et même spirituel…

De ce tissu qui brûle, il ne reste qu’un lambeau de loques rapiécé, mité, rongé par l’avidité, l’individualisme galopant. Lambeau qui a bien du mal à cacher les queues de rats qui traînent à nos côtés.

Des regards hautains et arrogants défient aujourd’hui toute pudeur, toute éthique, toute humilité. Les pulsions les plus tordues, les incohérences, peuvent être envisagées, soit disant assumées.

On parle tant de « droit » qu’on en oublie qu’en face d’un droit il y a forcément un devoir et pas des moindres. Celui qui nous incombe à tous en tant qu’êtres humains.

Car on ne naît pas homme n’est-ce pas, on le devient !

La spiritualité comme la démocratie n’est pas le nivellement par le bas, mais l’affirmation que chacun a en lui une possibilité infinie, une valeur, une intégrité, qu’il lui reste à manifester.

La liberté n’est pas de « bazarder » tout ce qui ne nous convient plus ou pas, les gens, les idées ou les objets… de les parquer dans un endroit, sur terre dans l’océan, dans l’espace… que sais-je, où ils ne nous dérangent apparemment plus.

La liberté en tant qu’être humain, c’est une responsabilité d’abord. Pas une réclamation… Une imposition…

Responsabilité de se conformer à ce que nous sommes foncièrement. La liberté apparaît dès lors que l’être accède à cet espace au dessus des contingences, des matériaux qui le composent.

Et elle n’apparaît pas sans ce travail, le seul vrai travail d’homme, celui de naître à ce que nous sommes en germe, un espace, une clarté, un amour infini.

Le chemin pour aller là est au dedans de soi. Plus encore, il n’y a pas de chemin, vous êtes Cela. Le chemin est de réaliser ça.

Car la véritable liberté n’est pas quelque chose que l’on obtiendrait n’est-ce pas ? Elle est ce que nous sommes dés lors que nous quittons les visions déformantes et la prison du mien et du moi…

Il y a une exigence, celle d’être « mu shotoku », sans attente, sans esprit d’obtention. Voilà ce qui définit une pratique non souillée, non contaminée par l’illusion de l’égo.

« Fu zenna », l’esprit sans souillure est un esprit dénué de « moi » et de « mien », de recherches de renommée et d’intérêt…

Alors de ce coeur évidé, notre vie va pouvoir venir à la Vie  et enfin respirer, naître et déployer ses ailes, prendre toute son ampleur.

Ce chemin est une constante libération de ce qui entrave le mouvement, la circulation de l’amour en soi. Un véritable agir non conditionné, frais, neuf, spontané…

Mais ce que l’on entend, malheureusement le plus souvent n’est que le grincement d’une vieille roue qui tourne en rond indéfiniment.

Une publicité vantait autrefois les mérites d’une boisson sans alcool qui « en avait le goût, l’odeur, mais cela n’en n’était pas »… Le « Canada dry ».

Il semblerait qu’aujourd’hui nous vivions une vie « canada dry ».

Une vie qui n’en n’est pas ; ça parle de liberté, d’éveil, ça en a le discours, l’habit parfois, mais ça n’en n’est pas…

Amoureux d’une chimère, d’un songe, d’un nuage, d’un reflet dans le miroir… cette fascination de soi par soi nous conduit à toutes sortes d’emprisonnements, de souffrances, d’aveuglement… y compris spirituel.

Alors que nous sommes au solstice d’hiver, retour de la lumière, que nous nous apprêtons à fêter Noël, naissance de la lumière dans le coeur de l’humanité…

Souhaitons qu’au bout de cette folle course égotique qui a tout épuisé, pris, saccagé, vendu, exploité…, la terre, les hommes et le ciel, nous nous arrêtions enfin.

Qu’ensemble, nous nous mettions à notre seul et unique travail d’êtres humains et acceptions de nous laisser éclairer un peu…

Shoza – Noël 2017

 

 

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