Les Arts du Taïchi

Les Chroniques de Lishan

La confiance dans la pratique ou la foi en l’esprit.

Ce temps de jachère de notre terre de pratique est un élagage nécessaire.

Ce temps permet, avons-nous déjà dit, de poser un nouveau regard, d’interroger les fondements de ce qu’elle représente pour soi.

Qu’est-ce la pratique ? et puis quelle est-elle pour moi ?

Et que peut signifier ‘avoir confiance dans la pratique’ ?

Mon professeur un jour me demanda combien de temps je consacrais à cette pratique.

Fier de lui répondre que j’y consacrais 4 à 5 heures par jour, j’eus comme unique et tranchante réponse : “Aucune chance ! “

Devant mon interrogation, “Cela n’est-il pas encore assez suffisant ? “, il souligna qu’il y avait encore deux choses…. ma vie et la pratique.

Tant qu’il y aurait encore deux choses, je ne pourrais toucher le “non-deux”.

Si le taïchi est l’univers entier, la pratique ne peut être autre que la vie même. Dans toute son ampleur.

Il n’y a pas de costume à enfiler, de techniques à travailler, de chat à couper en deux (Nansen).

On n’accède pas au Naturel, au Spontané, on laisse le Naturel et Spontané naturellement s’exprimer.

La confiance signifie “faire un avec”, “se fiancer avec”, étymologiquement.

Epouser. Epouser la pratique jusqu’à ne faire plus qu’un avec. Comme le nageur de  Chouang tseu.

Et quelle est elle cette pratique ?

Et bien rien de moins que la terre de notre esprit !

La forme de nos souffles, de nos mouvements,  la forme de nos journées, l’expression de ce que je suis.

Que l’esprit qui guide nos journées soit l’esprit de la pratique, jusqu’à ce que la confiance dans la pratique soit en fait la confiance, la foi en l’esprit (xin xin ming).

Si elle n’est qu’une pratique à côté des autres activités de la journée, la pratique devient elle aussi une  “variable d’ajustement” au gré des marées qui me traversent, des courants auxquels je m’abandonne.

Et moi je serai toujours à coté ,… Comment alors être par elle transformé ?

Mais si je la pose comme ma façon d’être au monde, alors elle ne cesse de m’interroger, d’exprimer et ma compréhension et ce que je suis.

Ces temps décapants enlèvent les nombreuses couches de nos vernis, de nos peintures et ont le mérite de révéler la réelle texture de notre bois.

De quel bois sommes nous faits ?

Quelle est la véritable texture de notre vie, de notre pratique, de notre esprit ?

Reprendre contact avec le brut, le simple de notre vie, est en fait une chance inespérée.

Ces restrictions de nos libertés extérieures sont une chance unique de nous interroger sur ce qu’est la véritable liberté.

Celle qui ne dépend pas des conditions. Car la restriction ultime de nos libertés n’est autre que cet esprit étroit et limité.

Me Seng tsan (VIème) dans le xin xin ming nous dit ceci :

« la lutte entre le pour et le contre, voilà la maladie de l’esprit… »  

et plus en avant :

« Pénétrer la voie n’est pas difficile, mais il ne faut ni choix ni rejet…
il suffit d’ un atome de poussière alors le ciel et la terre sont séparés d’un infini… »

Est ce à dire qu’il ne faille plus rien choisir et tout accepter ?

Sur ce fil de l’épée, comment se comporter ?

La pratique n’est pas un prozac spirituel pour traverser les événements et continuer à faire ce que l’on fait tranquillement.

Alors qu’est-ce la pratique ?

Et bien, ce que vous êtes très exactement

et ce que vous faites à partir de ce que vous êtes durant toute cette journée.

H.L.

 

 

 

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