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Encres
& Calligraphies...

La Voie du pinceau et de l'encre suit le même mouvement que celui du Taïchi, elle en est même une belle expression. Le trait témoigne d'une façon d'être au monde, d'un oubli de soi, d'un rapport au souffle, à l'instant.

En fait, le terme de calligraphie est impropre pour désigner la calligraphie chinoise, car elle suppose la recherche d’une certaine beauté. Ce n’est pas le cas ici.

"Shu Fa", l'écriture chinoise, ou "Shudao", la voie de l’écriture chinoise, est une voie de réalisation de soi, au même titre que tous les autres arts en Chine. L’objet visé est le Tao, la quête de soi.

La calligraphie chinoise se pratique à l’aide de trois trésors : pinceau, l'encre et feuille de murier. Tout d’abord vient la préparation de l’encre. Sous forme de bâtonnet, elle est broyée et diluée dans une pierre à encre, mélangée à de l’eau. Ce travail préparatoire permet d’apaiser l’esprit, d’ajuster le souffle, de revenir à soi. Ensuite, pour s’exercer avant de former les caractères, l’idée, le poème,... une trame faite de lignes horizontales et verticales est tracée sur une feuille de papier. Peu à peu, avec les tracés se posent piliers et traverses de votre propre maison. A l’instar de notre Taichi ; la répétition lente et persévérante des principes (verticalité, centrage, justesse...) favorise la transformation. Ainsi se forme progressivement la base de votre propre calligraphie. Vient de temps du travail des caractères selon les 8 règles.

Expression d’un instant, du souffle, le signe révèle à la fois le vide, le mouvement, l’énergie, l’intention du peintre. C’est un travail instantané corps-souffle-esprit dans l'espace ouvert de l'attention.

L'immobilité dans le mouvement du Taichi est bien présente ici.

Par le trait, le calligraphe favorise non seulement la rencontre entre corps, souffle et esprit, mais surtout la contemplation silencieuse d'un "laisser agir ou agir sans agir".

 

Hérald Loygue rencontre "l'art de l'unique trait de pinceau" auprès de Kugen, moine zen et peintre-calligraphe, disciple du grand Ung No Lee, puis selon l’enseignement du Maître Cheng Man-Ching transmis par Chen Shi-Jong.

 

Reportage vidéo de J.C. Buchot (Le spectateur)


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