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GONG FU : «  Consacrer du temps à…. »

GONG FU : «  Consacrer du temps à…. »

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« C’est en piétinant le givre que la glace solide survient … »
nous prévient, du fond des âges, le yijing, texte fondateur de la culture chinoise d’origine chamanique .

En trente année d’enseignement, je vois une évolution dans la pratique, l’engagement des élèves à suivre un sentier, une discipline, une voie. De plus en plus de personnes sont soumises à l’air du temps, la recherche du confort, l’acquisition facile, la satisfaction de l’à peu près, la pulsion de consommation rapide, au picorage.

Mais, comme le picorage alimentaire de nos journées tue à petit feu notre vitalité, notre picorage de pratiques ne va nulle part, sinon vers plus d’insatisfaction, d’angoisse et de frustration. Notre vitalité meurt d’un système digestif soumis au grignotage perpétuel, à la digestion permanente, qui tue notre véritable appétit, notre véritable faim.

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C’est vrai dehors comme dedans.

Curieusement la frugalité nous ramène à un vrai désir, elle est la porte de la véritable faim, de la véritable joie, loin des plaisirs toxiques dont nous abreuve l’atmosphère sucrée ambiante.

Ce feu toxique d’avidité est le visage (à peine voilé) de notre souffrance, pas celui de notre paix.

‘Endurer’, ‘se contenter de peu’, persévérer (qui rime avec écouter !) n’ont pas bonne presse, le Bouddha en fit pourtant autrefois un des points clés de son enseignement ultime (« les 8 satori du grand homme »).

IMG_4269Si l’objectif est d’atteindre le sommet de la montagne, la pratique, elle, c’est de marcher. Marcher et faire absolument l’ensemble du chemin, sans rien retrancher ! Le cheminement est un processus. Un processus comme celui de la digestion.

Celui qui fait l’ascension en téléphérique et celui qui gravit pas à pas la montagne ne sont pas les mêmes à l’arrivée. Ils ne vivent pas la même relation avec la montagne. Le premier n’en voit que la surface, la distance. Le second en connait intimement d’expérience toute la profondeur. Il connait la lente ascension des monts, le patient labeur de l’oeuvre réalisée. Il sait où les sommets prennent leur source.

Quant à celui qui voudrait en même temps gravir tous les sommets ou tous les sentiers d’une même montagne… il ne peut, au mieux, que se perdre, au pire s’épuiser.

Il faut de la mesure, rester équilibré.

Le terme “kungfu”, (gongfu), par un glissement de sens, décrit aujourd’hui la pratique d’un art martial chinois alors que le terme signifie tout autre chose :

2014-12-08_17h14_04Gong : Le premier caractère représente à gauche, une équerre de charpentier qui symbolise le travail selon un savoir artisanal de transmission. Celui de droite, un socle de charrue, évoquant un travail physique.

L’ensemble parle d’un exploit réussi, d’une œuvre réalisée.

2014-12-08_17h14_12Fu : un homme adulte, parfois, laboureur ou cultivateur.

Gong fu dans son ensemble est une expression qui qualifie :

temps consacré à, habileté… homme adulte accompli par une oeuvre réalisée !

L’on peut donc avoir un bon gongfu dans le massage, l’art floral ou calligraphique, dans la Voie du poing chinois, le T’aichi chuan ou comme quelques exceptions, exceller dans plusieurs arts à la fois.

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Li Shan Gong Fu

 

Mais lorsque l’on cherche de l’eau (synonyme de la voie), si creuser toujours au même endroit reste une évidence, encore faut-il encore creuser au bon endroit…

H.L.

 

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