Le “point de vue” du Taïchi, face aux évènements actuels

Le “point de vue” du Taïchi, face aux évènements actuels

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Article publié le :
16 novembre 2020

Quel est le point de vue du Taï chi par rapport aux événements actuels ? 

Quel devrait être l’attitude du pratiquant en ce moment ?

Quelle(s) réponse(s) donner aux attaques d’un monde extérieur agressif ?

Tout ce qui s’ex-prime (“se presse au dehors”) est l’expression visible d’un invisible qui se met en présence, un témoignage de ce que l’on vit.

Il suffit de regarder, ou plutôt d’ouvrir le regard, pour voir.

Toute notre pratique est là : S’arrêter, observer, écouter, comprendre…

Du point de vue cosmique, le monde va comme il va… avec ou sans nous. Les souffles s’agglomèrent, mutent puis se désagrègent. Le léger et subtil monte, le grossier et lourd descend…

Toute chose portée à son extrême se transforme en son opposé,… c’est la loi du taichi…

Du point de vue de l’étudiant du taichi, ce qui se passe en ce moment est l’expression d’un mouvement. Tout mouvement est issu d’un déséquilibre. Tout déséquilibre est temporaire. C’est un passage, une transformation.

Si le déséquilibre s’installe, dure, alors il rompt l’équilibre dynamique du taïchi, l’harmonie du yinyang et crée de la stagnation, un dysfonctionnement, une dysharmonie, que l’on appelle une maladie.

Nous vivons une période particulière en ce moment dans l’évolution humaine, période durant laquelle nous devrions être plus qu’attentifs et vigilants, aux souffles, aux mouvements et à leurs mutations.

Un soin ou une pratique de santé, peut être nécessaire pour retrouver l’équilibre, l’harmonie ou en tous les cas, participer activement à son juste retour…

La nôtre, c’est le Taïchi.

Chacun doit devenir responsable de sa propre vie. Mais de sa vie en tant que microcosme, partie intégrante d’un macrocosme.

Cela suppose de savoir ce qu’ est un homme véritablement… à part deux gouttes de sang.

Prendre soin de soi-même revient à prendre soin des autres.

Il n’y a pas d’harmonie tout seul . Nous sommes tous interdépendants. Le repli vers l’auto-suffisance dit ce qu’elle dit : C’est une suffisance autocentrée, un repli sur le “Moi”… Nous sommes tous interdépendants, ne serait-ce que du cosmos et de ses lois, du climat…

Les déséquilibres extérieurs ne sont que l’expression de nos déséquilibres intérieurs. Nos déséquilibres intérieurs nourrissent le déséquilibre extérieur. Donc pas de retour possible dehors, sans que chacun régule son propre équilibre au dedans. Notre retour à l’équilibre permet aussi le retour à l’équilibre extérieur.

Aussi, notre travail d’homme est de nous équilibrer intérieurement. Mais s’équilibrer n’est pas de rester tiède entre chaud et froid. mais parle plutôt d’un alignement, connecté avec ce que l’on peut appeler la Source, le tao,…

Bien-sûr, il y a de fortes poussées du monde extérieur, du monde de surface, vers l’horizontalité de l’existence.. Mais la particularité de notre art n’est-elle pas d’apprendre à rester droit, vertical, à céder et neutraliser ? à ne pas résister et réagir ?

Voilà la réponse du joueur de taïchi aux poussées : Nous cultivons la stabilité, le centrage et la souplesse interne pour faire face à la dureté, à la rigidité et la force.

C’est notre chemin : La culture interne comme voie de développement et d’action dans le monde.

Si nous sommes « faibles » intérieurement, au sens péjoratif du terme, nous allons devenir rigides et cassants à la surface. Cultiver la souplesse, la douceur au dedans, devient une force colossale qui permet de se détendre et de faire face sans crainte.

“N’est ce pas la faiblesse qui permet au tao d’œuvrer” ?

Lorsque vous êtes poussé, vous absorbez… Ultimement, la conscience n’est jamais poussée. Pas plus que lorsqu’il pleut le ciel n’est mouillé. Alors il nous faut trouver ce qui n’est pas poussé et agir à partir de là.

Toute réaction est à bannir. Aveugle par définition, elle ne peut que faire souffrir. La façon de vivre les événements est liée à notre façon de vivre. En quoi mettons nous notre priorité ?.

En joueurs de taïchi, nous cultivons la détente, le relâchement, l’enracinement, la douceur. Nous nous devons d’agir à partir de là. Dès que,  nous nous sentons nous rigidifier, nous devons revenir aux Principes.

Le taïchi nous apprend à bouger extérieurement en restant stables et tranquilles intérieurement. A faire confiance en notre force profonde qui est l’expression de la détente et de la foi dans le Principe.

Cette force est liée à la culture de la souplesse, qui devrait nous mener jusqu’à la vacuité.

Se faire pousser fait partie de notre culture du taïchi. Il ne devrait pas y avoir de problème avec cela. Il suffit de mettre en pratique, d’appliquer les principes de notre art : Ecouter, comprendre les forces en jeu, coller et suivre, céder, neutraliser, avec délicatesse, douceur et attention.

Mais ne nous trompons pas, céder ne veut pas dire se coucher, mais ployer pour trouver le chemin de la souplesse, de la fluidité, pour continuer notre chemin vers la douceur et l’intégrité. Ployer pour ne pas rompre. Rompre le lien avec notre profondeur.

Pour conserver le lien, l’axe, l’alignement, la verticalité, l’ancrage, le centre, la direction…

Il est difficile, en vivant à la surface de l’océan, d’en apprécier la profondeur et ne pas être ballotté par les vents mauvais. Mais ce peut être aussi l’occasion d’un retournement. Aussi il n’y a pas forcément quelque chose à changer. Juste à s’ajuster à ce que l’événement nécessite. Comme un surfeur, nous devons apprendre à utiliser l’énergie de la vague proposée. Ne pas avoir peur de perdre l’équilibre.

Il ne faut pas oublier que pour ces arts taoïstes (et pas que…), l’être humain ne vient pas au monde par hasard. Son existence a un sens, ou devrait avoir un sens, une direction. Il est là pour travailler un point. Son séjour sur la terre, dans la matière, est provisoire. Il est là pour développer des qualités, croître en tant que conscience. Tant que la leçon n’est pas apprise, elle est rejouée… et nous pouvons tourner en rond indéfiniment. Prendre conscience de cela, devrait nous amener à agir avec circonspection.

Perdons-nous notre temps dans l’ignorance, l’obscurité… ou travaillons-nous à notre libération ? Voilà tout le sujet. Il faut remettre notre vie en perspective. Si nous cédons, c’est uniquement pour rester fidèle aux principes et cultiver douceur, bonté, bienveillance et ne pas nous laisser happer par le monde extérieur, sa superficialité, sa fascination, sa séduction. Non pas que nous en nions la beauté, bien au contraire… mais elle n’en sera que plus vraie lorsque nos yeux s’ouvriront et que la lumière intérieure éclairera tout visage, toute situation.

Les imprégnations et influences sont puissantes et les forces levées colossales. Aussi la répétition, l’ancrage dans un chemin, une tradition, une filiation, donne du poids au chemin, des armes pour résister à l’atrophie d’un monde intérieur de plus en plus isolé, esseulé.

L’évolution, la croissance intérieure, est une question de choix de vie.

Les résistances sont fortes sur ce chemin, dedans comme dehors, et comme nous ne sommes pas étanches, la vie est faite de nombreuses contaminations .

Il n’a pas à trop s’en protéger, mais à pratiquer. Les plus grandes difficultés donnent les plus beaux résultats. Tout comme les hivers rigoureux font les plus beaux printemps. Personne n’échappe à cela.

Vivre avec les uns et les autres, suppose de subir de nombreuses influences. De nombreuses conditions. Ce monde est un monde conditionné. Mais pas que…

Aller à contre-courant nécessite de l’entraînement. Comme les saumons, nous retournons à la source.

C’est ce que nous faisons !

Lie Tseu disait : “le savoir de l’homme est limité, le Tao quant à lui est illimité… vouloir saisir l’illimité avec le limité fait courir de graves dangers”.

“L’esprit humain tel qu’il est, ne peut saisir la “grande image”… il est trop étroit et limité, soumis aux conditions.

On a vu partout dans le monde, le risque de ramener la “grande image” à nos petites vérités.

Devant tant d’incertitudes, la proposition est de se concentrer sur le but ultime de la vie.

En venant au monde, nous nous revêtons d’opacité, avec cette “tunique de peau”.

Par la terre, nous sommes étroits, substantiels, obscurs, temporels et donc limités… mais par l’esprit, spacieux, consubstantiels, lumineux et éternels.

Cette “tunique de peau” voile notre regard, conditionne nos choix selon notre histoire, notre géographie… Alors, une lutte est indéniable entre le déterminisme de notre biologie, ses pulsions cosmiques, rythmes… liés à notre héritage terrestre et la lumière infinie qui nous habite. Le chemin de la transformation est celui de notre vie. Cette jeune pousse de lumière doit lutter contre les goudrons divers et variés qui veulent l’étouffer. Mais c’est là le prix de la croissance, la vie terrestre est un lieu de lutte, un combat spirituel.

C’est pourquoi nous appliquons notre chuan à ce combat : rester aligné, vertical… En dehors de l’axe choisi de votre vie, on décline, court, glisse selon sa pente particulière… tiré hors de soi, on sombre dans des forces telluriques obscures.

Nous devons rester “inspirés”, et si il y a un mal, ce serait de perdre notre connexion avec “Cela qui nous inspire”, le souffle céleste, que l’on pourrait résumer à “manquer d’Amour”.  ” (A suivre….)

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