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Le Taïchi est l’étude du Tao.

Le Taïchi est l’étude du Tao.

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Plus encore notre Taichi, transmis par Me Cheng Man-Ching, est la pratique-réalisation du Tao. Simple, rond, souple, fluide, ce n’est pourtant pas une gymnastique de santé pour séniles ou anxieux hypochondriaques, un passe-temps exotique pour discussion de salon… Notre Taïchi est une discipline spirituelle. C’est un trésor…

C’est à dire une voie, qui s’adresse au coeur esprit et donc à la sensibilité. On vise ici la qualité de « l’esprit comme l’univers lui même » dit grand-père Yang.

“Etudier le Taïchi, c’est apprendre à relâcher”, disait Me Cheng !

Dés que l’on se détend, que l’on se débarrasse de toute dureté, de toute tension, l’on entre dans la sphère du Qi du Taichi. Mais attention ! Relâchement rime avec équilibre, intégrité et enracinement. Lorsque nous parlons d’équilibre nous parlons de régulation par le centre, c’est un domaine très profond. Me Cheng, fondateur de notre école, disait que le Taïchi était bon pour la santé, pour se détendre et se défendre… C’est un tao, une manière d’être au monde.

Selon la légende, l’art du taichi a été créé par Chan Sanfeng, maître des trois pics, ermite taoïste au 12ème siècle. Cet art, qui ne portait pas encore ce nom là, s’appuie sur les principes taoïste du Taoteking de Lao Tseu remontant à 2500 ans.

Le message central de Lao Tseu est :

« concentre ton Qi au dantian et devient souple comme un nouveau né… ».

Le plus grand bénéfice de cet art est l’éveil, la longévité, la vigueur, et la santé.

Le dantian est la « mer du Qi ». Le Qi s’y accumule si on le guide et le laisse descendre là. La pratique quotidienne est donc, quoi que l’on fasse, de guider le Qi au dantian puis à travers les trois portes et le dos, tout au long de la journée, sans effort, sans créer de tension. Toute tension nuit à la libre circulation du QI. Le point le plus important du Taichi est le relâchement. Le relâchement aide notre corps à repousser adversaire et maladie. Il permet à votre Qi et votre sang de s’écouler librement, il harmonise les tendons, équilibre les organes-entrailles, ouvre le triple réchauffeur. Concentrer le Qi au dantian veut dire plusieurs choses : Cela veut dire rester tranquille, cesser la folle course effrénée de nos vies, en stopper l’avidité; cesser d’être ballotté au moindre évènement… Concentrez vous sur l’essentiel, la vie passe comme une flèche, un cheval au galop…

La forme, l’enchaînement, est la racine de cette pratique, la fonction, les applications en sont les branches. Pas de branches sans racine… sans enchaînement, pas de fonction. L’aspect le plus important de l’enchaînement est d’ouvrir les vaisseaux pour laisser circuler le sang et prévenir les maladies. Les maladies viennent de la stagnation du qi et du sang. Ne séparez jamais la forme, l’enchaînement, de la fonction. Quand vous progressez dans l’enchaînement, vous progressez dans la fonction.

Le taichi implique « d’investir dans la perte » et ne pas vouloir prendre le dessus.

Toute idée de vaincre ou de ne pas perdre, nous écarte immédiatement du but. L’objectif est ailleurs. Au cœur… Car notre Voie est la quête de la douceur. La maîtrise, le gungfu, est le résultat d’investir dans la perte. Quel que soit le degré d’outrage, d’insulte dont vous faites l’objet, son effet sur votre équilibre, repose entre vos mains. On est totalement responsable de son propre équilibre. En occident, exercice et philosophie sont séparés. Ici les deux sont intimement reliés.

Sans le chuan, il n’y a pas de taichi chuan…

Notre chuan est un merveilleux sentier qui nous conduit au Tao. Le véritable combat est dedans. C’est s’affranchir de trois défauts et des trois peurs. Le seul adversaire, c’est moi-même. Je suis mon propre adversaire, mon propre champ de bataille. Cette guerre repose sur notre contradiction : foi en un principe suprême et foi dans le chaos, entre notre cœur-esprit et notre conscience mentale contaminée. Notre Chuan est le juge, notre étalon, il vérifie scrupuleusement l’or, enlève les scories.

Le Taichi diffère de la boxe shaolin, dans le sens ou il utilise et mobilise le Qi par la douceur, le méridien “Du” et la force souple des tendons.

La fonction, l’application comme self-defense, n’implique pas l’utilisation de la force et de la vitesse. Le point le plus important est le relâchement. La plupart des gens se raidissent, se contractent se tendent dès qu’il rencontre un adversaire. Le véritable travail est là. Si le combat est inévitable, la poussée des mains devrait suffire. Céder et repousser devraient dissuader. Mais si votre vie est en danger, alors vous devez être incisif. C’est la forme qui offre cette qualité. C’est une erreur commune d’envisager le tuishou comme un combat et la forme comme un exercice. C’est en fait l’inverse.

Ne considérer la forme et sa fonction que sous l’angle fonctionnel, l’application, n’est pas suffisant pour devenir un homme du Tao, on n’est pas encore entré. Bien évidement, il y a des capacités techniques, mais à un niveau ultime, elles perdent toute valeur, toute signification. La personne devient elle même expression du Qi, de l’esprit.

Le succès exige bien évidemment un effort particulier, un gungfu. Le talent ne suffit pas.

Exercice, persévérance, temps consacré…

L’ultime question reste celle là :

Etes vous capable de vous débarrasser de toute dureté, de toute tension, de devenir doux et de laisser s’ ouvrir votre cœur ?

Là est la Porte du Miracle…

( Sources : les différents ouvrages du Me Cheng man-ching…)

Hérald Loygue

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