Par Emmanuel
L’exercice du « sparring » existe dans la plupart des sports de combat occidentaux ou asiatiques. Et il est très important.
Le terme anglais est fréquemment employé en boxe anglaise et américaine pour désigner le combat souple d’entraînement, il est aussi souvent repris dans d’autres arts martiaux asiatiques…
Le « sparring » est l’équivalent du randori japonais (乱取), ou du ซ้อมเชิง (sôm choeng) de la boxe thaïlandaise…
Les étymologies de ces différents termes sont d’ailleurs tout à fait éclairantes sur la façon de le pratiquer…
Le sparring n’est en effet en aucun cas le moment, en fin de séance, où l’on va pouvoir se défouler sur son adversaire avec brutalité… Bien au contraire.
En anglais, « to spar », provient probablement du vieux norrois (langue des anciens Scandinaves) « sparr », qui signifie « bâton » ou « perche » — ce qui pourrait faire allusion à des rencontres avec des armes simulées ou à des échanges mesurés. Avec le temps, « to spar » a évolué pour désigner un combat simulé, souvent à but d’entraînement, sans intention de blesser.
- En boxe thaïlandaise : ซ้อมเชิง (sôm choeng), de ซ้อม (sôm) = s’entraîner et เชิง (choeng) = style, technique
- Dans les arts japonais (judo, karaté) : « randori » (乱取り) : 乱 (ran) : « désordre », « chaos », ou « confusion » et 取り (tori) : vient du verbe toru (取る), qui signifie « prendre », « saisir », « attraper ». Donc littéralement, « randori » pourrait se traduire par « gestion du désordre »
- Dans les arts chinois, il n’y a pas de terme similaire à « randori ». Le terme le plus proche pourrait être 对练 (duìliàn), « Entraînement en opposition » ou « pratique face à face ».
Il ne s’agit donc pas de combattre, loin s’en faut !
L’exercice du sparring, que nous traduirons par « travail à deux libre, souple, d’entraînement et d’entraide », doit être pratiqué de façon très souple, avec légèreté, en laissant l’autre travailler et développer ses enchaînements. Pas de crispation ou de blocages durs, on ne ferme pas le poing, on ne cherche pas forcément à toucher mais à enchaîner… Il permet de s’exercer dans une situation « non formatée » et ainsi de développer son sens du rythme, de la distance, de l’enchaînement technique, dans un contexte très détendu et relâché. Cela permet d’améliorer petit à petit « le coup d’oeil », la créativité et le « sens du combat ». Par la suite, les stratégies spécifiques et les techniques propres au style pratiqué peuvent être intégrées à l’échange…
Quelques images de « 2 mantes des marais » ☺️: notre professeur avec Baptiste, dans un échange très riche, facilité par la souplesse et le fait de laisser le partenaire « travailler »…
Bien-sûr, cela n’évite pas toujours les petits incidents et autres « bobos », mais cette méthode de travail permet de limiter grandement les risques de blessures.
A découvrir en cours ou en stage !











