Poésie et Taïchi : « Nourrir son propre talent… »

Poésie et Taïchi : « Nourrir son propre talent… »

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«  Si vous n’en goûtez pas,
vous n’en connaîtrez jamais le parfum »
Confucius

 

Notre « grand-père », Me Cheng, n’était pas qu’un maître de T’aïchi chuan, mais également un expert dans la peinture et la calligraphie, dans l’art médical et dans la poésie (ce qui lui valait le surnom de maître des cinq excellences !)… 

Dans ses traités sur la poésie, il nous enjoint de choisir la meilleure méthode… pour composer notre œuvre…

Et, d’après lui, la meilleure méthode est “la centralité”.

Cette centralité est celle qui permet le mieux “la résonance du chi” dans le Texte.

La résonance dans le taoïsme, est la capacité à être en accord avec l’univers entier.

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Le parallèle est facile à faire avec notre art du Taïchi… A mon sens, l’art du T’aïchi a à voir avec la poésie…

La difficulté est de choisir la meilleure méthode lorsque l’on n’a qu’une connaissance superficielle…

Car ce que nous appelons la meilleure méthode peut s’avérer au bout de quelques temps, lorsque la clarté apparaît, de peu d’usage…

 Mon expérience, après avoir fait un large tour d’ensemble, va également à « la centralité ».

D’après moi, la Voie médiane est ce qui permet le mieux de tout rendre cohérent.. et nos vies en ont grand besoin… Cette Voie médiane est celle de la justesse. Reprenant la parabole du Bouddha qui demande au luthier comment il accorde son instrument.. Nous ne devons ni trop tendre, ni trop relâcher, mais trouver dans chaque situation l’ « accor » juste…

Et quel serait-il sinon celui d’un cœur évidé ?

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Mais avoir la meilleure méthode, être avec le meilleur enseignant, avoir la meilleure posture, la meilleure technique, ne vous sauvera pas, est loin d’être suffisant…

Si l’esprit n’est pas juste, est erroné, tout va dans une mauvaise direction…

L’esprit est de loin de plus important !

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Une fois la meilleure méthode choisie, deux phrases du Me Kongtseu y sont soulignées :

 

« Faîtes vous comprendre »

« Choisissez soigneusement les mots que vous utilisez »

 

Ces phrases peuvent nous sembler simplistes, mais beaucoup de problèmes naissent de notre confusion, de notre manque de clarté.

Dans la pratique de notre art, nous restons souvent à la surface, les mouvements, les principes, ne sont pas clairement définis, exprimés et les termes que nous employons montrent combien nous sommes dans l’à peu près.

Cette approximation est liée à notre esprit confus et la confusion produit avidité et aversion…

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Le maître de poésie du Me Cheng, Ch’ien Ming Shan, disait :

« vous devez lire de la poésie comme on ramasse une boite d’allumettes, si vous n’entendez aucun son quand vous la remuez, c’est qu’il n’y a probablement rien à l’intérieur »…

Nos mouvements, nos pas, nos mains résonnent-ils de ce qu’il y a à l’intérieur ?…

Notre geste, notre forme résonnent-ils dans l’immensité ?

Un des risques majeurs du T’aïchi chuan, en donnant l’accent sur le relâchement, est de finir comme une boite d’allumette vide…

Pour ne pas ressembler à une boîte vide, une corde trop tendue, à un être désaccordé, nous devons clarifier notre regard et notre esprit.

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Dans son traité sur l’origine de la nature humaine, Me Cheng nous dit ceci :

 « Notre nature émerge d’une seule origine mais épouse chaque personne
aussi est-il préférable d’étudier le principe originel plutôt que la multitude individuelle…
Il existe autant de postures que de visages…»

 

cmc-3-fotosAu delà des apparences, les mêmes désirs, les mêmes souffrances et la même aspiration à la liberté habitent le cœur des hommes… seules les recherches diffèrent.

Il y a nécessité à clarifier son propos, à clarifier son esprit, à quitter les hypnotismes du quotidien.

Aller vers la Simplicité, le Simple, le sans pli… est la méthode la plus sure pour toucher ce qui nous est commun.

La poésie est communication, plus encore communion ….

Elle communique par l’expression de la pensée de son auteur…Cette dernière se doit d’être claire…

Comme dit le vieux proverbe « pas de raté quand vous donnez le sein »…

Dans la transmission, le langage doit être limpide et transparent, l’attention de rigueur…

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Me Cheng nous offre quatre grand principes
pour composer l’oeuvre de nos vies :

 

Le premier est la clarté, pour aller à l’essence, extraire la quintessence…

Le deuxième est la fraîcheur, la nouveauté…

Le troisième est la vérité ; une simplicité sans ajout, sans fioriture.

La quatrième est la profondeur…

 L’injonction « faites vous comprendre ! » devrait nous interroger sur la clarté, la fraîcheur, la vérité, et la profondeur de ce que nous sommes, de ce que nous disons de nous dans chacun de nos gestes, chacun de nos actes, chacune de nos pensées…

Pour Me Cheng, la plupart des élèves se limitent eux-mêmes sans raison ni nécessité.  

« Quand vous commencez un art, tout ce que vous entreprenez est creux, toute direction peut s’avérer fausse, seulement quelques débutants arrivent à s’extraire des limitations que leurs erreurs leur imposent. Vous devez étudier et nourrir votre talent.

C’est alors que vous comprendrez que l’homme peut être aussi grand que le ciel et que la terre et qu’il ne doit pas se contenter d’une position inférieure…

Les fautes sont faites pour être corrigées… aujourd’hui n’est pas hier… »

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Un jour que je me lamentais sur les difficiles conditions de mon existence, Mumgöes me dit :

«  Qu’as-tu fait de ton Talent ?… »

 Chacun a reçu un Talent et c’est à chacun d’être généreux et de le nourrir quelques soient les conditions…

 Ce à quoi elle ajouta :

«  Il ne faut pas être comme les mauvais joueurs de carte, il y a un moment où il faut accepter les cartes et jouer la partie… »

 Pour composer sa propre poésie, comme pour composer l’oeuvre de sa vie, il nous offre ces trois points comme méthode :

  • Comprendre les fondamentaux et rejeter le superflu

  • Corriger ses erreurs

  • Clarifier sa pensée et communiquer ses mots.

 

Cette méthode devrait nourrir, et notre pratique du T’aÏchi, et nos vies.

Le ciel Un donne l’eau

les grands fleuves grossissent à partir de minuscules gouttes

C’est d’ici que part le grand courant

pour rejoindre l’univers

Man Jan

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