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Posture : Découverte de la fluidité …

Posture : Découverte de la fluidité …

taichi

L’art du Taïchi n’est pas la répétition, au ralenti et en troupeau, de gestes exotiques en pyjama chinois… Pas une gymnastique supplémentaire, à la longue liste du développement spirituel…

Le Taïchi Chuan est un accordage.

Un art qui passe par le chemin du corps-souffle-esprit pour atteindre ce que Lao tseu nomme ‘ce qui ne peut être vu, ce qui ne peut être entendu, ce qui ne peut être touché’… ou l’impalpable, l’inaudible, l’invisible, bref… le Tao.

Ce Tao coule comme un long fleuve tranquille.

Les souffles s’agglomèrent et les phénomènes apparaissent, ils se dissolvent et les phénomènes disparaissent, et se transforment comme les vagues à la surface d’un océan sans limite… Dans une danse rythmée par un profond respir.

La tranquillité est vibration. Et pour qu’il y ait vibration, il faut de l’espace.

La souffrance est de constater que nos vies ont perdu leur accord… Ne trouvent plus leur harmonie, leur vibration. Et comment le pourraient-elles dans un monde disharmonique, en désaccord.. dans un monde où il n’y a plus d’espace, ni dehors ni dedans ?

Nous n’écoutons plus la musique. Celle d’avant les notes. Chacun essaie désespérément de faire entendre son bruit dans la grande cacophonie générale.

Au mieux, on y gagne des acouphènes ! Au pire, on devient cinglé…

L’écoute passe par le silence, la mise en arrêt de notre frénésie. Par l’ouverture à notre profondeur, l’observation de notre folie.

Mais si vous faites le moindre effort, vous êtes à côté, vous manquez la cible, vous vous éloignez de vous-mêmes.

Alors ?

Il n’y a qu’une seule chose à faire, et c’est un ‘laisser faire’, un ‘laisser être’, se laisser trouver. Qu’une seule chose à changer, la direction et la qualité de notre regard…

Lorsque toute recherche cesse, alors subsiste, dans le fond silencieux, un unique courant de présence, une brise fraîche d’amour et de joie.

Le Taichi se dé-couvre par la Posture.

Une posture qui laisse tomber, comme les feuilles à l’automne, toutes impostures.

L’arrêt dont nous parlons n’est pas une inertie, statique, il est ouverture à la respiration des souffles en soi.

La posture n’est pas position à tenir, à défendre. Elle est totale réorchestration de l’énergie.

Sa justesse est capitale. Il y a ‘un accord’ à trouver. Un ‘ajustement’ qui est une façon de vivre.

Le corps seul n’existe pas. Il est l’expression visible d’un invisible. Une forme matérialisée de l’énergie.

IMG_8541La posture est Forme, alignement des segments osseux, reconnexion des groupes musculaires…

La posture est Souffle, elle respire… Retour au mouvement du souffle et à la circulation des énergies en soi… Ouverture-fermeture des portes et barrières…

La posture est Esprit, elle est sensation, elle est intention, élan, participation…

La posture est corps-souffle-esprit. La posture est mouvement, le mouvement est posture.

Pour qu’elle émerge il nous faut libérer ce corps-souffle-esprit de ce qui entrave son mouvement, et quel est-il, cet empêchement, sinon toutes les idées que j’ai sur tout, et d’abord sur ce que je suis ?

Pour que la posture apparaisse, il faut de l’espace.

De l’espace intérieur, donc du silence, de l’écoute.

L’écoute est fondamentale.

Lorsque par le silence, on accède au niveau plus profond du corps-souffle, alors il devient souple, élastique, vacant et se régénère. Le travail du corps n’a de sens que dans ce sens là, sinon il est mécanique, c’est à dire usant. Les transformations apparaissent dés que la perception tactile s’éveille. Le travail sensitif transforme le corps, sa structure la plus subtile. L’opposition, la crispation ferme, l’accueil ouvre…

Le chemin consiste à s’observer, s’observer dans toutes actions, dans son réflexe de crispation, de repli sur soi, de vouloir prendre, de vouloir posséder, de saisir, ce qui créée la fermeture, la résistance, entrave le mouvement de la vie en soi.

L’esprit limité est obnubilé par l’anticipation. Pour, croit-il, se sécuriser. Il calque sur le vivant de chaque situation, de vieilles images, de vieux parfums, issues de la mémoire. Rien de frais, rien de neuf. “On ne met pas de vin nouveau dans de vieilles outres…”

Observer notre souci de contrôler la situation, de gérer, de prévoir pour ne pas être déstabilisé et revenir à l’accueil ouvert de ce qui apparaît. Observer ce qui en nous est réaction et revenir à la mémoire organique, corporelle, de la détente.

C’est tout le sens et l’importance du travail corporel. Il fait taire le hamster. S’appuyer sur le corps, car c’est notre meilleur allié, pas « le tombeau de l’âme », … mais « le temple de l’esprit » illimité.

La liberté suppose une libération, libération de réflexe de crispation que j’appelle ‘moi’.

Cette observation doit s’étendre à la vie entière. Car la posture habite toute notre vie, être assis, debout, marcher est la posture, notre façon d’être au monde.

Le taïchi ne peut être séparé de la vie le taïchi est la vie.

Mais attention : observation n’est pas crispation sur soi, narcissisme, mais un regard ouvert sans jugement, sans s’interposer. Si les interprétations apparaissent, on n’est plus dans l’observation.

Le but ici n’est pas de se museler mais de laisser s’ouvrir un espace dans lequel peut s’exprimer la vie. Il ne s’agit pas bien sûr de se laisser aller à n’importe quoi, mais de revenir au silence pour qu’apparaisse la texture lumineuse de ma propre vie.

La voie de guérison passe par le retour à la condition normale, celle où ma petite rivière de vie se reconnecte à sa source, à la ‘Vie de ma vie’.


La pratique n’est donc pas un moyen d’obtenir quelque chose de supplémentaire, à ajouter à ma liste de favoris… d’aller quelque part, ailleurs …

…mais de revenir à ce que fondamentalement ‘je suis’…




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Houal

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