Qigong et les arbres…

Qigong et les arbres…

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Article publié le :
29 mars 2020

Il n’est pas une librairie, une publicité et même des retraites, aujourd’hui, qui ne nous vante des mérites de ce qu’ils appellent la “sylvothérapie”…

Nous redécouvrons une pratique dite ancestrale… apparemment, …

Même si aujourd’hui elle n’a plus rien à voir avec les initiations druidiques ou shintoïstes, il n’en n’est pas moins que cette démarche, avant d’être une “bobothérapie”, est avant tout une réelle pratique de Qigong, que l’on connait moins, évidemment.
Les bains de forêt (c’est prouvé alors…) sont bons pour la santé : véritable retour à la nature, ou nouveau marché de consommation ?

En Chine, l’arbre est depuis toujours très présent. Cela fait des millénaires que la sagesse chinoise se réfère aux arbres. Chouang Tseu et Laotseu, dans leurs ouvrages, font référence à l’arbre et au retour à la racine (ben).

Avec son double enracinement en ciel et en terre, l’arbre a été souvent pris comme métaphore de l’homme et ses deux racines, terrestre et céleste.

Bien avant eux, le Yijing dans son commentaire du premier hexagramme (Qian), décrit pas par pas, la croissance de l’homme et de l’arbre de façon identique, des racines au fruit.

Dans la tradition bouddhiste, depuis l’éveil du bouddha sous le ficus religiosa (figuier), de nombreux poèmes et enseignements ont repris le thème de l’arbre. Dans de nombreuses traditions, on parle d’arbre fondateur, ou comme fondement du monde, axe du monde – Yggdrasil de la tradition viking est peut être le plus célèbre aujourd’hui. Et quant à notre culture, on parle de l’arbre de la croix que le Christ épousa.

Pour nous autres pratiquants de Taichi chuan, l’arbre est inscrit au coeur même du terme (Ji ou chi – le faîte) et de la démarche : atteindre la souplesse (rou).

“Ji”, le faîte, la poutre faîtière de Taiji, s’écrit avec la clé de l’arbre suggérant à la fois la verticalité et la souplesse attendue. Nos Jibengong, exercices racines (ben) nous parlent là aussi, des racines de l’arbre et du principe même des ces pratiques, l’enracinement… Jusqu’aux postures d’enracinements.

En Chine donc, la relation à l’arbre est une pratique classique que l’on trouve dans le Qigong sous le terme de “Ding shu gong”, littéralement, “échanger son énergie avec l’arbre”.

Evidemment cela suppose de savoir quel arbre est sain… ce qui est là encore, une tout autre histoire. Comme nous les arbres peuvent être porteurs de maladies, usés ou sur des lieux pollués… Il ne faut pas se coller n’importe où et faire n’importe quoi… Encore une fois !

H. Loygue & Li Jianyu

Cette pratique se trouve également dans certaines écoles martiales comme le Yiquan – Dachengquan et l’un de ses maîtres, Li jian yu, le pratiquait régulièrement.

L’idée/intention (yi) avec cette pratique, est d’entretenir, de conserver la santé (Yangsheng gong), de prévenir, pour ne pas avoir à guérir de la maladie.

La notion de “terrain” qui est le coeur de cette médecine chinoise millénaire est le fondement de notre immunité et donc capacité de résistance aux influences pathogènes.

Il est dit : ” Le mauvais médecin soigne la maladie, le moins mauvais soigne le patient et le meilleur entretien la santé pour que la maladie n’apparaisse…”

 

Alors “embrasser l’arbre” comme pratique quotidienne de santé , pourquoi pas ?

 

Li Shan

 

 

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