"Rien au monde
n'est plus souple que l'eau,
mais pour enlever le dur et le fort
rien ne la surpasse..."

Lao tseu

Lishan Taï Chi Chuan

Le Taïchi Chuan est un art martial chinois interne ancré dans la tradition taoïste. Il se fonde naturellement sur la recherche de la Tranquillité, de l'harmonie et de la non-opposition. Il est une pratique-compréhension intime des lois universelles qui régissent la nature, et le vivant, dont nous sommes. Voie de réalisation, le Chemin qu'il emprunte est celui du relâchement, de l'équilibre et de la recherche de la douceur. Par le relâchement, la déprise physique, psychique, la transformation s'opèrent... nous revenons vers la complétude, l'authenticité, l'entièreté de notre existence. Par le geste répété, lent, rond, souple, fluide, le corps-esprit entre en unité au rythme d'un souffle apaisé. Peu à peu, pas à pas, nous atteignons la véritable détente, la véritable souplesse. Le Taï Chi se pratique sans tension ni raideur, en état de relaxation. Alors le Qi, énergie interne peut imprégner le corps et circuler harmonieusement conférant vitalité, bien être et Tranquillité.

Accessible à tous, la pratique ne nécessite pas de condition physique ou de pré-requis particulier, si ce n'est persévérance et enthousiasme. C'est avant tout un art de vie, une voie de réalisation, qui peut s'exercer selon deux grandes orientations intimement liées :

Le Taïchi comme pratique de Santé

"Pratiquer le Taïchi, c'est apprendre à relâcher..."

Considéré comme une pratique de santé, le Taïchi Chuan propose une méthode progressive et cohérente, visant à approfondir les notions de centrage, de relâchement, de verticalité, d'alignement corporel, d'enracinement...

L'apprentissage débute lentement, pour permettre une prise de conscience plus aiguë des appuis, centrage, aplomb, du travail particulier du bassin et de la colonne vertébrale ainsi que de mettre en évidence, résistance et tensions..

Fondé sur les principes de la médecine chinoise, le travail interne du souffle ou énergétique y est abordé dès le début. Bon nombre d'études médicales vantent les bienfaits d'une pratique régulière de cet art.

Le Taïchi Chuan comme Art martial

" Notre Kungfu, c'est le Taïchi..."

Dans son expression martiale, ou d'auto-protection, le Taïchi Chuan permet de confirmer, dans "l'adversité", face à un ou plusieurs opposants, avec ou sans arme, si les notions de souplesse, de non-opposition et de fluidité sont bien acquises...

L'art du Taichi, propose une solution fondée sur la "souplesse et la faiblesse plutôt que la dureté et la force".  Alternative aux propositions martiales habituelles, il va au-delà, proposant une non-violence effective qui débute par son propre coeur.

Le terme "Kung fu", en Chine, ne désigne pas un art martial, mais la réalisation, la qualité acquise à travers la pratique d'une discipline qu'elle soit florale, culinaire, calligraphique ou martiale... Le terme usuel désignant les arts martiaux chinois est plutôt "Wushu", qui comprend une multitude de styles différents...

Notre Wushu, notre kungfu, c'est le Taïchi.

"Le Taichi est utile pour la santé, se relaxer ou se défendre,
mais avant tout le Taïchi est un tao, une manière d'être..."

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Composition de la pratique

Il est généralement de coutume, dans un objectif de simplification pédagogique, de séparer la pratique en différentes parties... Mais il est important de prendre conscience que, de même que corps et esprit ne sont pas séparés... la pratique est Une et Indissociable...

Préparer son corps :

Jiben Gong, Neïgong & Taïji Qigong : Les exercices préparatoires et le travail interne.

Jiben Gong

Les exercices fondamentaux

Ces exercices fondamentaux, appelés "exercices racines", bien plus que de simples exercices d'échauffements, permettent de préparer et façonner votre "corps de taïchi".

Ils contiennent l'ensemble des principes du Taïchi Chuan et permettent de préparer le corps au travail, par différents ajustements posturaux, assouplissements, renforcements musculaires et ostéo-articulaires.

Neïgong

Le travail interne

C'est le coeur même de notre Taïchi... Travail de nutrition et de développement de l'énergie interne ("Qi") spécifique au Taïchi Chuan.

Sans ce travail interne, le Taïchi Chuan serait une coquille vide.

Taïji Qigong

Les mouvements de base du Taïchi

Le Taïchi Chikung est le Qigong spécifique au Taïchi Chuan. C'est la mise en mouvement du travail interne à travers la répétition de gestes simples issus de la forme de Taïchi. Ouverture des méridiens et articulations, étirements des muscles et tendons, stimulation des cavités ("points d'acupuncture"), permettent au travail énergétique de se faire.

Cette pratique est à elle seule une excellente prévention de la santé.

 

Etudier les principes

Les 3 piliers de la pratique du Lishan Taïchi Chuan

Dan Shi & Tao Lu :

Postures et formes

Il s'agit de trouver ici l'immobilité dans le mouvement et la mobilité dans le travail statique. La posture n'est pas une position à défendre mais une ouverture à soi.

Répétition lente des différentes postures statiques d'enracinement et des mouvements du Taïchi.

Ils sont par la suite réunis dans un ou plusieurs enchaînements appelés "forme" (de 37 ou 108 postures, ou "petit Taïchi des 13 postures") qui permettent peu à peu d'intégrer et "d'in-corporer" les différents principes physiques et énergétiques de la pratique.

Nianshou & Tuishou

" Les mains collantes "

Ici sont mis en évidence, grâce au partenaire, les principes essentiels de notre art.

Le tuishou permet de travailler puis "valider" les acquis dans un travail  avec partenaire ayant pour objectif d'affiner la sensibilité tactile, de développer l'écoute de l'énergie et la compréhension des mouvements...

Qu'il soit codifié ou plus libre et spontané, le tuishou ne doit pas être considéré comme un exercice de "self-defense" ou d'opposition... Bien au contraire, il s'agit ici d'apprendre à "s'oublier soi-même pour suivre l'autre"...

Taïchi Jian :

L'épée du Taïchi

L'école Lishan s'inscrit dans la filiation du Me Cheng Man Ching dont l'art reposait sur le trépied : forme, tuishou et épée.

L'épée est l'arme-outil taoïste par excellence. Outre la symbolique, elle a ici un caractère énergetique également.

En tant que prolongement du corps, le travail de l'épée accentue les paramètres de la pratique, seul ou à deux, dans le dynamisme : centrage, déplacements, écoute, etc...

Elle comporte en outre un caractère ludique et joyeux souvent apprécié par les élèves.

Exprimer & Appliquer les principes

Dong Fa & Sanshou

L'application des principes du Taïchi Chuan à l'autoprotection

L'une des spécificités du Lishan Taïchi, est son application concrète et cohérente à l'auto-protection. La pratique duelle (ou à plusieurs adversaires !) semi-libérée et libérée permet de s'éprouver émotionnellement et physiquement dans le respect mutuel. Il s'agit alors de vérifier si les grands principes du Taïchi restent d'actualité malgré le "stress de la confrontation".

Tous les mouvements et principes du taichi sont prévus pour être une réponse possible à l'agression. C'est dans les cours de Dongfa et sanshou que cette réponse est développée.

Dans son application à l'auto-protection, le Taichi propose "l'art de saisir et contrôler" ou Qinna shu, qui se compose de cinq familles d'application : saisies, clés, luxations, percussions aux points vitaux, étranglements...

Le véritable "Terrain de jeu" du Taïchi

Le quotidien comme exercice

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Du point de vue de la Médecine chinoise, l'origine de bon nombre de maladies vient d'un rapport dysharmonieux avec soi et/ou le cosmos.

Développer sa sensibilité, son écoute, permet de comprendre puis transformer par la souplesse et la douceur les problèmes et rétablir l'harmonie.

Mais pour cela, rien ne vaut un coeur pacifié. C'est peut être le plus grand cadeau de cet art, la pacification du coeur qu'il propose.

Pour le joueur de Taichi, tout le quotidien devient alors le maître et le haut-lieu du jeu et de l'exercice, qu'il soit professionnel, social, familial... pour approfondir son relâchement et trouver verticalité, stabilité et compassion dans le tumulte et le mouvement.