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Taïji Jian : L’épée du Taïji

Taïji Jian : L’épée du Taïji

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Me Cheng dit de son Taïji qu’il repose sur trois piliers : la forme, le tuishou et l’épée.

C’est dire toute l’importance qu’il accordait à cette dernière pratique qu’il appréciait beaucoup. Elle était l’occasion de beaucoup d’enthousiasme et de bonne humeur…

Comme en occident, le port de l’épée revêtait en Chine plusieurs significations…
En tant qu’arme, elle était plus considérée comme une arme défensive plus qu’une arme offensive, guerrière. Sur les champs de bataille, c’était la dernière arme utilisée.
En temps de paix, elle servait à la protection personnelle ou en tant que distinction, elle était portée par les juges, les lettrés ou encore les soldats.
Comme au japon pour les sabres, elle signifiait le rang de leur porteur….
L’épée a partout été respectée pour le symbole qu’elle représentait depuis l’aube de l’humanité (et plus exactement l’âge de bronze), de l’Occident à l’Orient, de l’Islam au bouddhisme, en passant par le christianisme (« Je ne suis pas venu apporter la paix mais l’épée… ».).
Mère des armes courtes, l’épée nécessitait une grande habileté et c’est peut être ici l’une des grandes raisons du respect qui était accordé à son détenteur.
On la portait, en Chine, soit à la ceinture soit dans le dos..


Structure de l’épée

L’épée est droite, pointue et tranchante des deux côtés.
Elle se compose d’un pommeau (qui peut servir à frapper au corps à corps) d’une garde, civile ou militaire (toujours plate, ni circulaire, ni ovale), d’une lame qui n’est aiguisée en général que dans son dernier tiers. Contrairement au sabre qui tranche, l’épée est faite pour entailler certaines parties du corps comme les tendons, artères,…
Il existe une multitude d’épées chinoises, de la plus simple à la plus complexe… mais toutes se composent de deux parties : la lame et la poignée.
La poignée et la garde sont fixées sur la soie d’une unique pièce de métal.
La lame mesure quant à elle, entre 50 et 125 cm, en général 75 cm et ne dépasse pas 4 cm de largeur.

Elle est décomposée en trois parties ou tiers :

  • Le tiers supérieur est très fin et très aiguisé, donc jamais utilisé pour bloquer, ce qui ébrécherait le tranchant. Elle sert donc à l’offensive.
  • Le tiers médian est déjà plus épais et moins affuté, cette partie sert à prendre le contact, coller, glisser, et couper.
  • Le dernier tiers, le plus épais, peu ou pas affuté est réservé aux blocages de la lame adverse

Tenues de l’épée et positions de mains :

L’épée est le plus souvent saisie par la fusée (poignée), mais exceptionnellement elle peut être tenue par la garde ou le pommeau. Le pouce est orienté vers la pointe mais la prise peut être inversée également. Tous les doigts sont en contact avec la poignée avec une main tenue mais légère… (c’est du Taiji…)
Exceptionnellement, certains doigts peuvent s’ouvrir, comme l’annulaire, l’auriculaire ou le pouce/index.
Le coude est lourd, la main légère, les épaules sont tombantes. Le mouvement naît des pieds, est gouverné par le centre et s’exprime dans les mains…
La main libre, quant à elle, est soit posée sur le poignet qui tient l’arme, soit libre. Elle peut aussi prendre la forme de « l’épée magique » ou être naturelle et utilisée pour frapper, pousser, dévier, …


Les quatre positions de mains :

  • Ping yang : paume vers le haut
  • Ping yin : paume vers le bas
  • Li yang : Gueule de tigre (hegu) vers le haut
  • Li yin :Gueule de tigre (hegu) vers le bas

Les 13 gestes dans l’école Cheng Man Ching

  • CH’OU : tirer
    Avec le bras étendu devant, tirer l’épée vers la droite
  • T’AI : emmener, parcourir rapidement de droite à gauche :
    Bouger l’épée de droite à gauche, comme tailler un crayon avec un couteau. Chou et Tai sont combinés ensembles, ils sont contenus dans le mouvement « retenir et avancer vers l’avant gauche et droite »
  • T’I : soulever :
    Soulever l’épée comme dans « la petite étoile de la grande ourse »
  • KE : bloquer
    Bloquer et attaquer avec le premier tiers de la lame proche de la garde.
    Ce mouvement est contenu dans « le dragon noir balance sa queue » et « le tigre blanc frappe avec sa queue ».
  • CHI : frapper
    Chi est utilisé dans toutes les frappes avec le tranchant de la lame pointé vers l’adversaire. Le mouvement est contenu dans « le phénix déploie ses ailes »
  • TZ’U : percer, enfoncer
    Enfoncer l’épée en étendant le bras comme dans « l’hirondelle s’envole du nid ».
  • TIEN : diriger, conduire
    Tien est une petite touche, avec le bout de l’épée verticale ou horizontale pour surprendre l’adversaire.
    Tien peut être utilisé au torse ou au poignet, comme dans « attendre le poisson » ou « la libellule touche l’eau », en général, suit une autre technique derrière Tien.
  • PENG : éclater, claquer
    Avec un mouvement sec du poignet, tourner la pointe de l’épée pendant qu’on la soulève du dessous. Comme dans « soulever la lune de sous la mer ».
  • CHIAO : bouger ou changer de position
    Coller l’épée adverse bouger dans un cercle. L’épée adverse peut être également abaisser et le mouvement peut se prolonger en une pointe comme dans « la carpe saute à travers la porte du dragon »
  • YA : presser vers le bas
    Avec le plat de la lame, presser vers le bas l’épée adverse comme dans « embrasser la lune »
  • PI : fendre
    Utilisé généralement de haut en bas, comme Tien mais plus large. Le plus souvent, c’est le milieu de l’épée qui est utilisé dans Pi. Si l’adversaire recule, Pi peut être utilisé avec le dernier tiers de la lame comme dans  « la tornade à gauche »
  • CHIEH : intercepter et attaquer
    Chieh contient à la fois l’interception d’une attaque et la réplique. Le mouvement de l’épée est celui de la coupe d’une scie. Comme dans « secouer la poussière dans le vent ».
  • HSI : clarifier, résoudre, diriger, dégager
    Hsi représente une façon spéciale d’utiliser l’épée, dans laquelle l’énergie de coller est utilisée. Avec un léger et continu contact de la lame, on contrôle l’adversaire et au moment propice, l’épée peut-être dirigée vers l’adversaire comme dans « les cercles de l’épée comme une roue de charrette gauche et droite ».

Parmi ces treize techniques, quatre sont considérées comme basiques, essentielles: Bloquer (ke), fendre (pi), percer (tz’u), coller hsi).


Recommandations pour la pratique de l’épée…


Postures dans le travail de l’épée : 

L’épée, dans notre école, est pratiquée dans le même esprit que la forme à main nue, c’est à dire comme une forme méditative… Concentration du QI au dantian durant tout l’exercice. La méthode vise à développer l’état d’esprit « sans pensée »(wuxing). Difficile à développer dans la méditation assise pour les débutants, le travail de relâchement (sung), de laisser le Qi descendre dans les pieds (chen), favorise grandement la détente du mental.

Le Qi du ciel (celui qui monte) et le Qi de la terre (celui qui descend) dans le pied, se conjuguent harmonieusement au sein de la forme et de l’exercice.
Entre ciel et terre, entre descente du Qi et montée du Qi (extension de la nuque, paeroe) , le tronc…
La poitrine doit être relâchée, la colonne vertébrale droite, les épaules et les hanches suspendues, les lombes abandonnées…

Avant de commencer l’apprentissage de l’épée, il faut maîtriser la forme à main nue et les principes qui la sous-tendent, à savoir : le relâchement, l’intention, l’accumulation du Qi au dantian, la capacité à prendre le contact puis adhérer, coller et suivre, à neutraliser… 
La capacité d’écoute développée dans l’art du tuishou, doit être claire pour qu’elle puisse s’affiner, s’exercer dans le tuijian. L’épée n’est que le prolongement du bras: son choix est donc très important. Sa taille, son poids, le point d’équilibre et la souplesse de la lame…

Le yi et le regard s’influencent mutuellement. Le regard ne doit pas se focaliser sur un point. En général, il suit l’épée.
Dans le travail avec partenaire, il faut être particulièrement vigilant, la pire des choses serait de blesser votre partenaire d’entraînement…


Principes du travail à deux à l’épée :

  • L’attaque, l’initiative ne vient pas de soi, on bouge en fonction du mouvement de l’autre.
  • S’abandonner et suivre l’autre.
  • Equilibre : mettre l’autre en déséquilibre tout en restant équilibré.
  • Avant d’aller à gauche, tourner à droite et vice-versa.
  • La main-épée touche le poignet lorsque c’est possible.
  • Pas de poids sur la lame adverse.
  • Dans la forme, accumuler le Qi au dantian, dans le travail à deux, s’adapter au rythme adverse.
  • Le corps et l’épée ne doivent faire qu’un, bouger ensemble dans tous les mouvements.

Réactions à l’attaque :

  • Eviter les attaques à la tête par un pas de coté et les coupes aux poignets ou aux jambes en passant par dessous.
  • Eviter les attaques au corps en passant sur le coté et essayer d’aller dans le dos adverse.
  • Eviter les attaques aux jambes en reculant et toucher les poignets adverses.
  • Eviter les attaques de coté en avançant rapidement vers l’adversaire et Chieh.

Dans notre école, la pratique de l’épée se compose des éducatifs et des déplacements de base, du travail de la forme, de la pratique à deux “tuijian”, “le tuishou à l’épée” et du sanjian (sanshou à l’épée). Une pratique avec protection permet de s’exercer librement sans se blesser.


La forme de l’épée et techniques correspondantes :

  • L’épée du Taiji, ouverture réveiller le QI
  • trois anneaux encerclent la lune, trois fois
  • la grande étoile de la grande ourse
  • l’hirondelle frôle l’eau (Chi)
  • bloquer à droite et balayer (chou)
  • bloquer à gauche et balayer (chou)
  • la petite ourse (t’i)
  • l’hirondelle rentre au nid (tzu)
  • le chat intelligent attrape la souris (ya – Tzu)
  • la libellule touche l’eau (Tien)
  • l’abeille jaune rentre dans le trou
  • le phénix déploie ses ailes (Chi)
  • cyclone à gauche (Pi)
  • petite ourse(T’i)
  • cyclone à droite ((tzu -hsi/tien)
  • attendre le poisson (Tien)
  • chercher le serpent dans l’herbe (Chi)
  • embrasser la lune (Ya – tzu)
  • l’oiseau va se nicher dans la forêt (tzu)
  • la dragon noir balance sa queue ((hsi- chi)
  • le vent balaie le lotus (tzu)
  • le lion secoue la tête (Chieh)
  • le tigre saisit la tête entre ses pattes (tzu – chiao – ya : peng)
  • le cheval sauvage bondit du torrent ((tzu)
  • se retourner et saisir le cheval (Chi)
  • pas en avant, l’aiguille du compas pointe vers le sud (tzu)
  • dans le vent, chasser la poussière (chieh-ke)
  • pousser le bateau dans le sens du courant (hsi-tzu)
  • la météorite dépasse la lune ((pi)
  • le cheval céleste voyage dans l’espace (pi)
  • soulever le rideau (T’i)
  • les épées de roue, gauche puis droite (hsi – tzu / pi tien)
  • l’oiseau de bon augure déploie les ailes (Chi)
  • repêcher le lune au fond des mers (Chi – peng)
  • embrasser le lune (ya)
  • les démons de la nuit fouillent la mer (tzu)
  • le rhinocéros observe la lune (Ke)
  • viser l’oie sauvage
  • le singe blanc offre le fruit (tzu)
  • le phoenix déploie les ailes ((Chi)
  • pas en écartant gauche, droite, bloquer (chieh)
  • viser l’oie sauvage
  • le singe blanc offre le fruit
  • les fleurs se couchent gauche et droite (Chi )
  • la jeune fille passe la navette (tzu)
  • le tigre blanc remue la queue (Chi – ke)
  • le tigre saisit la tête …
  • la carpe saute par la porte du dragon
  • le dragon noir s’enroule autour du pilier (Pi – tzu)
  • l’immortel montre le chemin
  • le vent balaie les fleurs de prunier (Chi)
  • l’aiguille de la boussole… (tzu)
  • Retourner à la source

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Pour les personnes intéressées par la pratique de l’épée :
apprentissage de la forme, éducatifs et du travail à deux :
Découverte et approfondissement de l’épée …

Cours formet tuishou ….les jeudi avec sifu….

 

 

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