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Témoignage : Danse et Taïchi.

Témoignage : Danse et Taïchi.

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Par Mélanie – Danseuse professionnelle


Tourner, courber, relever, développer devant, plié, demi-plié, sixième, en dehors etc…

C’est cette langue que j’ai connu enfant et que je continue à utiliser de temps en temps en tant que danseuse et professeure de danse.

J’ai connu la danse à travers la technique, on pourrait dire assez formelle, mais j’y trouvais un réel échappatoire à je ne sais quoi, un moment de respiration que j’ai toujours ressenti, de mes 6 ans jusqu’à mes 25 ans.

Ce que j’aime dans la danse, c’est un ensemble de choses : c’est quelque chose qui me stimule, ce rapport à la précision, au flux, à la respiration, c’est que le corps tout à coup commence à pulser, par l’effort physique, tout simplement. Cette sensation d’un corps qui se tend, qui se détend, qui se tend, qui se détend… pour atteindre des choses complètement immatérielles.

La danse m’a permis de sentir la question de verticalité, une verticalité qui ne soit pas juste un exercice de maintien, mais quelque chose qui circule à travers cette verticalité, du haut vers le bas, de la terre vers le ciel… Ce sont des sensations que je peux exprimer maintenant, grâce à l’enseignement de Mr Loygue en Taichi et d’Anlin en Qigong, que je ne pouvais pas exprimer avant.
Ouvrir les bras, avoir les paumes ouvertes et sentir une circulation se faire à partir des pieds, peuvent être des sensations assez émouvantes…

Ma formation s’est faite en plus de mes études. Mes parents m’ont toujours soutenue, ils soutenaient mon désir. N’hésitaient pas à faire des concessions financières et passaient leurs temps à faire des allers-retours pour m’amener à la danse. Ma professeure de danse, Astrid, elle, m’emmenait à des stages de danse, des concours, passait du temps en plus de ses cours, pour m’enseigner.
Malgré les réticences de mes professeurs de collège, de lycée et de certains camarades de classe, qui trouvaient ce choix déraisonné et absurde, je voulais être danseuse, je savais que c’était un endroit précieux car l’intelligence du corps et de l’esprit était bel et bien présents.

A 25 ans, j’ai commencé à travailler au sein de plusieurs compagnies de danse contemporaine en France : le rêve était devenu une réalité… et je suis tombée de haut.
Je me suis aperçue que souvent, les interprètes étaient au service de la névrose du chorégraphe, et qu’il était difficile d’avoir un rapport simple, respectueux envers cet art, tant la volonté d’innover, de plaire aux programmateurs et d’avoir des subventions étaient présents. Cela m’a beaucoup fatigué, et je suis ressortie, il y a deux ans de cela, dégoûtée et fatiguée : je ne voulais plus danser.

Mr Loygue, m’a beaucoup aidé, l’une des premières chose qu’il m’ait dit était que le taïchi était de la danse. Il m’aide à comprendre beaucoup de chose par rapport à la danse, à travers le Taichi, et à la façon dont les corps sont vus. Les corps sont vus comme entravés, mais ce n’est pas une entrave physique. Plutôt une entrave intime, mentale. Lorsque je prends ses cours, il nous fait comprendre où sont les blocages, ou sont les empêchements. Il nous apprend à nous “retirer”, à laisser notre petit confort de côté pour se laisser toucher par le mouvement, pour laisser place à bien plus grand que soi.

Le taichi, à travers l’enseignement de Mr loygue, m’autorise à devenir danseuse, et bien plus que ce que je pensais vouloir faire et être, il nous donne une liberté. Je me sens légitime à danser, à pratiquer et à jouer.

Il est bon de se remémorer ce que l’on souhaite vraiment dans sa vie.

Prendre l’espace de danser, de pratiquer est un moment de grande joie et de grande liberté. Cela me rend forte. Un corps peut être capable de transformer ce qu’il a construit pour construire autre chose.

“Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus”

Pina Bausch

 

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