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« Toutes les postures sont d’égale importance… »

« Toutes les postures sont d’égale importance… »

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Im-portance…

Peut être convient-il tout d’abord de distinguer l’importance que l’on a, ou plutôt pense avoir… de l’importance que l’on est…

Bien que couramment utilisé, réduit à la sphère politique ou commerciale, ‘ce que l’on porte en soi’ n’a rien à voir avec une valeur marchande, monnayable, avec un gain, même spirituel, qui nous sortirait du lot. Pour reprendre Lao tseu : « c’est la faiblesse qui permet au Tao d’oeuvrer… »


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

C’est affirmer que la forme est l’expression des souffles, de l’énergie. Nous ne voyons, le plus souvent, que l’apparence des choses. Nous ne sentons pas ou si peu le souffle.

Voir la forme, l’apparence, sans toucher ce quelle est profondément c’est être ‘à côté’, rater la cible…

Toutes les postures se valent si elles portent en elles l’essentiel, toutes les postures se valent si je témoigne de la grandeur qui m’habite.

La démocratie n’est pas un nivellement par le bas mais la possibilité pour chacun d’accéder à sa propre grandeur.

Le gland ne donne pas forcément un chêne. Il nous faut devenir profondément conscient de notre immense responsabilité d’être humain.

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« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie ‘ Ne soyez pas négligeant !’

Chaque partie à sa raison d’être, chaque moment son importance… Il n’y a pas une chose qui serait le taichi et une autre qui ne le serait pas. Un acte qui serait spirituel et un autre qui ne le serait pas. Le sacré réside dans notre façon de faire les choses ou plutôt d’être avec les choses.

« Quel que soit le sens du vent, la cloche à vent, tinte pareillement… »


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’il n’y a pas de répétition dans le taichi…

Toutes les situations que vous rencontrez et toutes les postures que vous prenez dans votre vie sont le taichi. La qualité de la réponse de l’attitude ne viendra pas avec la répétition mécanique d’un geste, mais de la fraîcheur de l’instant.

Il nous faut débusquer toutes impostures pour qu’apparaisse la véritable posture. Ne pas laisser la mémoire vivre à notre place.

Le gongfu du taichi réside en une même qualité, une même attention, une même attitude développée, soutenue dans tous les aspects et les situations de l’existence. Que l’on soit assis, debout, couché, en mouvement ou au repos. Le tao est partout présent.

Le tao n’est pas un lieu où aller avec un exercice particulier… nous y sommes déjà… mais un état d’être et donc d’attention à l’être, à restaurer, par la délicatesse, par la douceur, selon les principes de notre famille.

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« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’il nous faut devenir des êtres profondément spacieux et donc silencieux, à l’écoute… et pas seulement dans un exercice particulier, dans une posture particulière.

Devenir des êtres de paix suppose de se libérer de l’obscur voile de la suffisance, pour qu’alors nous puissions laisser respirer la vie de nos vies et laisser resplendir, la bonté du cœur de notre cœur. Le chemin vers la transparence passe par là.

Par la pratique solitaire, répétée, soutenue, cohérente, sensée…


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’un équilibre est à trouver, mais pas comme un mauvais compromis où l’on saupoudre d’un peu de méditation et de compassion le chaos ambiant. Pas une mi-temps entre deux guerres, mais un Zhong Ting, un équilibre central qui est régulation par le centre (Zhong Yong).

Et quel serait ce centre ?


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’il nous faudrait considérer chaque chose avec un regard frais, neuf et pour cela redonner de l’espace, et de la clarté aux instants, aux êtres et aux choses qui nous semblent être les plus insignifiants.

Ce n’est pas notre vie qui est insignifiante, mais notre façon de la vivre qui manque de sens.

Nos vies n’ont plus d’espace pour respirer, notre respiration est une suffocation permanente, une lente asphyxie.

La pratique vise, par l’arrêt, dans un premier temps, à redonner de l’espace, une respiration, un mouvement, un nouvel accord.
Elle ne dépend pas du mouvement, du nombre de postures. La pratique ne conduit pas vers un résultat.

Elle est le résultat, elle est une respiration, un témoignage. Un témoignage de sa grandeur. Ou de son étroitesse.


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie que le UN ne vient pas en nombre avec les chiffres… et le cortège de nos petits calculs.

Que la Grandeur n’est pas une question de cm… ni de décibels.

La stabilité-tranquillité développée par la pratique de l’arrêt permet la vision profonde de l’origine de toute rigidité, de toute raideur. Le relâchement vient comme une réponse naturelle pour qui veut cesser le combat.


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’il nous faut rechercher la pauvreté et non la richesse, ce que Me Cheng dénommait ‘investir dans la perte’… là est l’accès à la plus grande richesse. Dans l’abandon des artifices et autres stratégies. Retour à la véritable saveur, au goût de brut, du ‘sans pli’.


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’une posture contient toutes les postures. Qu’à travers toutes les postures se dessine une seule posture, la véritable posture… La trame secrète de notre propre existence.

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« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie que le wuji n’est pas avant et le taiji après… C’est une erreur de lecture.

La lecture horizontale est une vie qui s’aplatit et se répand dans une course effrénée vers l’avant. Nous ne savons plus lire nos vies ni nous tenir à la verticale, du coup… on ne vit pas, on meurt…


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie que l’accordage de l’instrument n’est pas le jeu musical, mais préparation à, mise en forme… L’exercice de la forme ne s’arrête pas avec la forme, le plus important est le moment après la forme.

Penser ‘faire du taiji’, une heure par jour même, c’est couper sa vie en deux. Ne pas le voir dans l’exercice de « jouer avec le balai » c’est couper la vie en deux.

Le limiter au profit de sa propre existence, c’est couper la vie en deux.

L’art du taiji est participation. Participation à la grande musique, celle d’avant les notes… et cette participation passe par l’écoute, l’attention vigilante et l’oubli de soi . Peu à peu alors, l’esprit devient plus clair, limpide et fluide.. la compréhension apparaît.


« Toutes les postures sont d’égale importance… »

… signifie qu’en quittant les rives étroites du ‘mien et du moi’, on atteint notre véritable dimension, notre véritable demeure, la véritable posture, alors :

« La forme (de notre vie, de notre exercice ) se déroule comme un long fleuve sans fin … »

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Cheng tsö


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