Un constant changement !

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Article publié le :
08 juin 2020

Un jour que je demandais à mon professeur, “Quel autre nom pourrait-on donner au Taichi ?”, il répondit : “Un constant changement !”

Nous vivons dans un état de contraction, de retrait, de fixation.

Repliés sur nous mêmes, nos coeurs et nos corps, notre tête… sont repliés…

Ce que nous appelons notre vie est en fait une contraction, une tension. Et tout ce que nous retenons, se transforme en poison.

La reconnaissance de cet état est la première étape du relâchement (song).

Notre vie entière est une tentative désespérée de fuir, pour éviter le contact avec cette résistance, cette tension, cette dureté, cette fixité. Alors nous courrons, nous nous évadons dans les loisirs, les distractions y compris les méditations…

De stages en stages, de retraites en retraites, de méthodes en méthodes, de gourous en gourous… qu’ils soient politiques, professionnels, personnels ou soi-même…

Que d’énergie dépensée pour lutter contre tout ce qui vient mettre en déséquilibre cette rigidité, cette solidification, cette position !

Face à cette sensation de déséquilibre, ce vertige, nous nous raidissons, nous résistons soit en nous opposant fortement, soit en nous fuyant… en tentant d’aller ailleurs que là où nous sommes, de devenir autre chose que ce que nous sommes.

La fuite vers un statut, une position, une adhésion, un monde virtuel, une abstraction…

Ne pouvant véritablement fuir longtemps, nous essayons alors de nous transformer.

Pour ce faire, nous cherchons des solutions… dans les drogues, les gourous, une tradition, la méditation,…

Mais le gourou est notre excuse, le signe de notre faiblesse, de notre attente et notre paresse, de notre démission…

Alors on essaie de s’en débarrasser, mais cela ne résoud rien à notre rigidité .

Aucune tradition ne vous donnera la solution.

Devenir plus spirituel, plus attentif, plus doux, plus aimant… est encore vouloir devenir… et reste une tentative ultime de contrôle de la situation.

“Vouloir devenir” est l’origine de la tension. Donc de la souffrance.

La crise, le conflit, signe notre résistance au changement, à la transformation. C’est parce que nous luttons pour contrôler ce changement.

Pourtant, le changement est la texture même de l’univers et de nos vies.

La crise prend fin quand il n’y a plus personne pour résister.

Quand il n’y a plus d’énergie donnée au conflit.

Me Cheng disait à ses étudiants qui se plaignaient de la dureté des autres : « Comment le savez vous ? ».

Les concepts, les catégories sont statiques, mais la vie est dynamique, constant changement et notre réalité, le mouvement même de l’énergie.

Tout est fluide, dynamisme, transformation… Seule l’apparence de continuité donne l’impression d’une quelconque solidité.

En donnant de l’énergie au conflit, on lui donne une forme (xing), une existence.

« Les souffles s’agglomèrent et la forme apparaît. »

Etre vivant, c’est ne pas obstruer le mouvement de la forme de nos vies, quelle qu’elle soit.

Rester au centre, (zhong ting), rester fluide équivaut à ne pas coaguler, se fixer dans une position.

Ne cherchez pas à le résoudre ou à le faire partir. La non-résistance est le départ d’une véritable action.

Le conflit ne réclame que notre silence. Notre tranquillité.

S’arrêter et devenir profondément silencieux en ne s’accrochant à rien, est le lieu où tout peut se résoudre.

Seul ce rien ouvre la porte des merveilles. Ce rien ouvre la possibilité de laisser la vie se déployer et s’exprimer.

Cette expérience s’appelle l‘Amour.

Tant que nous n’embrassons pas pleinement notre vie telle qu’elle est, tant que nous n’ouvrons pas la porte… nous resterons étroits, limités, fermés, nous ne pouvons relâcher.

Relâcher, n’est pas faire quelque chose de supplémentaire, mais cesser de résister, cesser de donner de l’énergie au conflit, de le nourrir…

C’est déposer les armes et le fardeau et se laisser respirer pleinement.

Le relâchement nous parle d’espace et de vacance, de nager avec le vent.

Li Shan

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