WU WEI… “Non-agir” n’est pas “ne pas agir” … !

WU WEI… “Non-agir” n’est pas “ne pas agir” … !

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Article publié le :
01 novembre 2020

L’époque, semble t-il, est à l’interrogation.

Interrogation sur l’action à mener dans un univers si divisé.

Quoi faire, comment agir ?

Dans le Tao Te King, Lao Tseu parle souvent de « non-agir », mais ce terme prête souvent à confusion. Faut-il résolument rester les bras ballants sans rien faire ?

Il y est dit que le sage agit « sans agir », et que « sans agir, il n’est rien qui ne se fasse ». Comment cela se pourrait il ?

Pour comprendre “Wu-weï”, le “non-agir”, il nous faudrait en pénétrer toute la beauté, tout le silence, tout l’espace, toute la liberté du « rien faire »…

Pénétrer ce lieu “sans lieu” d’où tout surgit et s’écoule sans fin.

Ce lieu d’où la danse cosmique, le Taïji, se manifeste, se déploie sans cesse… Ce lieu où toutes choses se produisent selon leur nature, leur cycle et leur loi.

Et comment le pénétrer sans rester là, le plus silencieux possible, sans faire surgir la pensée, la saisie, le contrôle… sans rester disponible dans l’espace ouvert du « voir » ?

C’est ce que nous nommons « contemplation »…

 

La « connaissance », la sagesse, est au delà des concepts, au delà du faire et du savoir, elle est « pure perception ».

Lorsque nous habitons ce lieu, dans la pure perception, l’on peut devenir conscient des conditionnements qui nous habitent, des entraves qui nous lient, des ressorts qui nous meuvent, des œillères et des rênes qui nous guident, et surtout de l’illusoire image de moi. Car il n’y a pas un monde mais des mondes…

Le même arbre est regardé différemment selon le botaniste, le menuisier, l’amoureux, l’écologiste ou le chien…

Ce monde est en fait notre vision du monde, il est filtré, flouté, maquillé, une projection mentale derrière nos lunettes colorées.

Et bien entendu, nous nous écharpons gaiement au nom d’une couleur…

Pour Voir, il faudrait un véritable regard sans filtre, sans voile, sans paupière.

Ce que nous voyons, ne sont bien souvent que des réponses.

Réponses étroites et limitées… à nos attentes, à nos désirs… et c’est à partir d’elles que nous agissons, selon notre besoin et non selon une liberté d’action.

Dès lors, comment agir le plus justement ?

Il nous faudrait devenir Simple, sans pli, devenir nu pour poser un regard neuf, frais, ouvert, sans travers.

Et comment allons nous le redevenir, sinon revenir à ce regard, à cette clarté, à ce que nous sommes avant les perceptions ? Avant les pollutions ?

Ce que nous sommes en tant qu’être, car le trésor est bien là, dans cette pureté originelle.

Et il y a une vraiment bonne nouvelle ! Cette bonne nouvelle, c’est que nous n’avons pas à faire d’effort pour la trouver, pas à voyager loin ou faire quelque chose de surhumain.

Nous avons juste à nous arrêter, nous asseoir , tourner le regard vers l’intérieur et en silence, regarder profondément, et vérifier la racine, le fondement de ce que nous appelons nous-mêmes.

Abandonner la bride du respir, le contrôle permanent de l’image que nous avons de nous mêmes..

Pour cela, il n’y a rien à faire, pas d’effort à fournir, mais laisser retomber la boue mentale pour que l’eau claire de l’esprit redevienne ce qu’elle est depuis toujours : limpide, claire lumière, pure conscience.

Il n’y a pas à chercher à complexifier, à en apprendre plus, mais à revenir à ce qui est avant tout cela, sur ce qui ne passe pas.

Seul, en cet endroit sans endroit ni envers, la question se résout, l’action se libère.

S’accorder suppose l’évidence de tout ce à quoi nous nous sommes accrochés comme une moule à son rocher. Car c’est seulement en se quittant que l’on se trouve…

Là, sans plus d’obstacle, est le lieu d’où la véritable action peut surgir naturellement. Une action libérée d’effort, de résistance, de tension, d’avidité, de souffrance, bref une liberté !

Rappelez vous les fondements de notre art :

Ne luttez pas contre la tempête, contre la poussée, qu’elle soit corporelle ou mentale… Ne vous plaignez pas comme les mauvais joueurs de cartes, utilisez là.

Celui qui est attaqué n’est qu’une image de vous-mêmes que vous essayez à tout prix de protéger.

La conscience, elle, n’est jamais poussée.

Li Shan

 

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