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“L’habileté martiale” du Me Cheng Man Ching…

“L’habileté martiale” du Me Cheng Man Ching…

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Article publié le :
17 août 2019

Par Emmanuel
Source : https://indomaster.nl/chengmanching-taichi-denhaag.html
Traduction par Francis Martin…


Le Me Cheng Man Ching est l’archétype du Maître idéal…

Il excellait dans plusieurs arts, comme nous l’avons déjà évoqué dans d’autres articles…

Son “aura”, son énergie, son oeuvre (il a contribué à diffuser le Taîchi Chuan dans le monde entier, son “style” est le plus pratiqué aujourd’hui dans le monde), sa vie, … le démontrent amplement.

Pour autant, il a transformé le Taïchi Chuan dit “originel”, qu’il aurait reçu de Yang Cheng Fu (mais d’aucuns le placent également dans la filiation du Me Chang Ching Ling, duquel il a reçu son travail interne (neigong), maitre réputé pour son travail interne et pour son “efficacité” martiale), en un Taïchi bien plus orienté sur le relâchement, la douceur…

Son style sobre, doux, épuré… a fait dire à de nombreux “puristes” que ce changement avait ôté toute notion de “self-defense” au Taîchi Chuan…

Certains ont même affirmé que le Me Cheng aurait à dessein enseigné un Taïchi exempt de toute “martialité”, en faisant une pratique plus méditative et orientée vers la santé… ou tout simplement qu’il n’avait aucune compétence martiale…

 

Il est vrai qu’à simplement observer sa forme, son tuishou, on pourrait se demander ce qu’il peut bien rester de “martial” dans tout cela, et comment une telle pratique pourrait aider un pratiquant recherchant avant tout l’aspect self-defense.

D’autres opinions encore, affirment que le Me Cheng, qui a enseigné à Taïwan et aux USA, aurait sciemment enseigné un Taïchi “pacifique”, dans un contexte post-guerre du Vietnam, à ses élèves  “hippies” new-yorkais des années 65-70, alors qu’il aurait conservé l’aspect complet, martial, pour ses élèves chinois…

Le débat n’est bien-sûr pas clos… et reste sujet à de nombreuses interprétations et hypothèses… mais laissons-là ces discussions sans grand intérêt…

Ce que l’on sait, c’est que le Me Cheng, fin lettré, Maître de l’art floral, de la poésie, de la médecine, de la peinture et de la calligraphie, abhorrait la violence et a oeuvré  toute sa vie pour promouvoir la beauté, la douceur et la délicatesse, y compris bien-sûr dans son taïchi…

Voici cependant un nouvel éclairage sur la question, à travers la traduction de cet article issu du site https://indomaster.nl/chengmanching-taichi-denhaag.html, faite par Francis (merci beaucoup Francis !)…

Ainsi qu’une vidéo “collector” de la démonstration faite par Me Cheng à l’ambassade des USA durant les années 70 (?)

 



L’art du combat dans l’école de Taijiquan de l’école Cheng Man Ching

En tant que docteur en médecine chinoise et pratiquant de la méthode de renforcement interne Zuo Lai Feng, Maître Cheng a toujours cherché à appliquer son expertise à sa méthode de boxe.
Les films montrant sa forme des 37 postures tournés à différents moments de sa vie révèlent des changements dans l’apparence extérieure.

Les mouvements sont devenus plus doux et les postures plus « ancrées » (c’est-à-dire que le centre de gravité bouge moins vite et qu’il est davantage mis en avant) à mesure qu’il avançait en âge.
Alors que certains critiques ont attribué ceci à l’inévitable conséquence du processus de vieillissement, d’autres avancent que ces changements sont la conséquence d’un processus d’amélioration et de raffinement. La nature du taijiquan permet une pratique qui peut être constamment approfondie, tout au cours de la vie.

Certaines personnes sont très critiques vis-à-vis du style Cheng Man Ching et vont jusqu’à dire que le Professeur Cheng n’a jamais maîtrisé l’art du combat. C’est tout simplement faux.
Je connais personnellement un célèbre maître de boxe externe, Ong Zi Oman, qui durant sa jeunesse était surnommé « l’Homme de Fer de Shandong » en Chine continentale.
Il a souvent affronté Cheng Man Ching car il ne croyait pas du tout à ce qu’on racontait sur ses prouesses en taijiquan. A chaque fois, il connaissait la défaite, Maître Cheng lui proposait de devenir son disciple, mais Maître Ong refusait toujours.

Il pensait que cela venait d’un problème dans sa méthode d’entraînement.
Alors, après s’être entraîné intensivement pendant plusieurs mois, il défiait à nouveau Cheng Man Ching.
Finalement, convaincu, il s’inclina et devint son disciple.

C’est ce même Maître Ong qui s’enquit auprès d’un de ses étudiants à propos du but des arts martiaux. Quand ce dernier lui apporta des réponses toutes faites comme “améliorer la santé” ou
“prévenir la maladie”, Maître Ong s’insurgea en affirmant que le l’objectif principal était d’apprendre à combattre.
A son étudiant qu’il venait de rabrouer, il raconta que, durant sa jeunesse passée dans le Shandong, il ne se sentait pas bien s’il ne s’était pas battu au moins une fois dans la journée.

Une autre critique qui est fréquemment adressée à Cheng Man Ching, est que ses livres contiennent peu d’explications sur les applications martiales de cet art.
Ceci s’explique de plusieurs raisons :

  • Premièrement, Cheng Man Ching se considérait comme un érudit et un gentleman/homme bien élevé et c’est ainsi qu’il était perçu.
    Il ne voulait en aucun cas être associé de près au de loin avec certains membres de la communauté des arts martiaux qu’il considérait comme des voyous sans éducation.
    En accord avec sa formation de docteur, il voulait également mettre l’accent sur les aspects positifs d’un art qui pouvait bénéficier à tous, car tout le monde n’a ni l’inclinaison ni le tempérament pour être un combattant.
  • Enfin, et peut-être est-ce la raison la plus évidente, il faut garder à l’esprit qu’aucun professeur d’arts martiaux ne cherche à divulguer sans discrimination les secrets de son art par crainte qu’ils soient utilisés contre lui. Si l’on jette à nouveau un regard sur la formation et la pratique de Cheng Man Ching, il n’est pas facile de déterminer d’où lui viennent ses capacités de combattant. L’explication la plus probable semble tenir de la combinaison d’une détermination sans faille et sa maîtrise du système interne de Zuo Lai Feng.
    En parallèle, sa capacité à explorer, rechercher et innover a donné naissance à un système simple et souple et qui est facilement utilisable.

En effet, le système que Cheng Man Ching a transmis à ses disciples, comporte moins d’éléments que dans l’école Yang. Il enseignait la forme en 37 postures, le Tuishou ou poussée des mains, Da Lu,  la forme à l’épée et le tuijian (tuishou à l’épée).

De plus, il enseignait à certains de ses étudiants américains des exercices de « lance collante » (d’échanges à deux à la lance ou tuishou à la lance).

Il n’enseignait pas la forme libre à deux, Taijiquan San Shou Duai Da, qui selon la tradition contenait les secrets de combat de l’art de la famille Yang, car il affirmait que tous ces « secrets » pouvaient s’obtenir par une pratique assidue de la poussée des mains. Il n’enseignait pas non plus le sabre.

Il semble que le système d’entraînement de Cheng Man Ching ait constamment visé à simplifier et réduire cet art à ses composantes essentielles.
C’est cette même attitude que défendent nombre de ses disciples ainsi que de nombreux pratiquants d’arts martiaux qui ont appris un large répertoire de techniques qu’ils laissent de côté pour ne plus pratiquer que la forme des 37 postures du Taijiquan de l’école Cheng Man Ching.

 

Démonstration à l’ambassade US (années 65-75 ?)

 

 

Autre article sur le sujet :

 

“Cette violence qui nous taraude” : L’efficacité du Taïchi Chuan en question…

 

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