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QIN NA SHU : l’art de saisir et de contrôler

QIN NA SHU : l’art de saisir et de contrôler

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Dans cet article, nous présentons sommairement les 5 aspects du Qin na shu, que nous allons découvrir lors d’un prochain séminaire proposé au sein de l’école.

Comme nous l’avions déjà décrit dans un précédent article, l’étymologie de Qinna, nous parle de l’art de “saisir et de contrôler”…

Pour ce faire, 5 familles nous sont proposées :


Fen jin, ou “séparer les tendons” dans laquelle on trouve également Zhua jin : “empoigner les muscles”.

L’objectif ici est de déchirer les muscles et tendons afin de provoquer une douleur intense, qui peut aller de la douleur jusqu’à la syncope. C’est le même fen que dans le Tuina, lorsque l’on cherche à séparer les tissus en adhérence, ou lorsque le Qi s’accumule dans la poitrine et que l’on veut libérer la zone, faire circuler. Dans zhua jin, c’est la puissance de la main qui est sollicitée. Cette technique se retrouve dans les styles du tigre ou de l’aigle, qui ont des pratiques spécifiques de renforcement des mains.


Cuo gu : c’est séparer, disjoindre les os, c’est à dire l’art des luxations.

L’opposé du Zheng gu, leur remise en place. Bien évidement cet art inclut le précédent puisque la séparation et la dislocation entraînent du même fait la distension voire le déchirement des tissus mous environnants. Un bel exemple cinématographique est celui du film de Kurosawa, “Barberousse” lors de “l’explication” avec les Yakusa.


Bi qi : bi c’est obstruer le Qi, bloquer le souffle.

Par des percussions sur la trachée ou les muscles environnants, sur les muscles respiratoires, sur le tronc : l’objectif est de provoquer un spasme respiratoire. L’exemple le plus commun est la chute à plat dos qui bloque le souffle dans la poitrine,  un “très long moment”…


Dian maï ou duan mai, c’est pointer ou percuter les vaisseaux.

L’objectif est de presser ou percuter les veines ou artères pour obstruer la circulation sanguine, comme on peut le constater sur un étranglement sanguin aux carotides. Une percussion sur la gorge peut par le spasme musculaire qu’elle provoque, bloquer la carotide qui alimente le cerveau. La percussion peut aller jusqu’à faire rompre celle-ci. Une attention toute particulière est à porter, car si le spasme est assez aisé à provoquer, le défaire est une toute autre histoire… Si les muscles restent spasmés, vous ne pourrez réanimer la victime.


Dian xue , pointer les cavités, les “puits”… presser les cavités du Qi.

Nous entrons là dans un autre domaine, où l’objectif est d’altérer la circulation du Qi dans les réseaux énergétiques, avec toutes les répercussions que cela peut avoir sur les fonctions organiques…

Si les deux premiers stades étaient accessibles à tous, les deux derniers nécessitent des connaissances des lois, des rythmes, des localisations précises… et le développement de qualités (jin) inaccessibles au profane.


Vous comprendrez que ces méthodes venues d’un âge où l’on avait couramment sa vie à défendre, ne sont pas à laisser entre toutes les mains. Elles nécessitent des qualités humaines essentielles de la part de l’apprenti et vont de pair avec l’enseignement de soins qui restaure la personne dans son intégrité.

A titre d’exemple, mon professeur Taïwanais de Tanglang Quan eut à faire avec un élève américain pratiquant de taekwondo, qui mettait en doute la validité de ces vieilles méthodes contre les méthodes modernes.

L’affaire ne dura que quelques secondes et après avoir réparé ses deux côtes brisées, il ferma la porte. Malgré les excuses de ce dernier, la porte resta fermée…

Hérald Loygue

 

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