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Thés : Etes vous zhong ou gaiwan ?

Thés : Etes vous zhong ou gaiwan ?

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Le gaiwan  « bol à couvercle » est une tasse chinoise à couvercle servant pour  la consommation usuelle de thé. Le terme zhōng est aussi couramment utilisé. Parfois même plus connu.

Elle se compose donc de trois parties : la terre, la soucoupe ; l’homme, la tasse elle-même ; le ciel, le couvercle.

A médi-thé !…

Zhong viendrait d’une déformation d’un verbe chōng, « verser de l’eau, faire du thé, rincer », en référence à l’usage spécifique de cette tasse.

Il semblerait que le terme précis pour désigner l’objet soit gàiwǎn « bol à couvercle », et que le terme (zhōng) désigne un autre type de tasse, plus haute, munie d’une anse et d’un couvercle, sans soucoupe, surtout utilisée à Canton.

L’importance de Canton dans le commerce du thé explique la confusion qui a mené zhōng à remplacer gàiwǎn.

Depuis la dynastie chinoise Ming, le thé était généralement consommé dans la vaisselle où il était préparé. Comme décrit par le maître de thé  Lu Yu, ce bol spécial doit être assez large pour l’infusion du thé, suffisamment compact pour être tenu confortablement dans une main pour être consommé. Le terme pour cette pièce de vaisselle était simplement chawan   « bol à thé ».


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Ce vraisemblablement durant la dynastie Ming, période de grandes innovations dans le rituel du thé et dans sa préparation, qu’est né cet objet aujourd’hui incontournable.

Il est considéré par les connaisseurs comme  la meilleure méthode pour infuser des thés délicats en arômes et odeurs, tels que les thés verts et blancs. Mais il est également très couramment utilisé dans la dégustation des oolong (wulong) .

Dans la dégustation des thés, le gaiwan permet en effet d’apprécier la couleur du thé.

Le couvercle permet au thé d’être infusé dans le bol avant d’être versé dans un autre récipient, ou bien d’y être directement bu – il y a un coup de patte à trouver –  en utilisant le couvercle pour bloquer les feuilles lorsque l’on boit. Dans ce dernier cas, le thé choisi ne doit pas infuser trop vite, puisque l’on boit dans un intervalle de temps.

Le gaiwan en lui-même peut être fait de multiples matériaux, de la porcelaine au verre en passant par l’argile de yixing ou le jade très prisé par les collectionneurs d’objets.

Mode d’emploi

  • Mettre quelques feuilles au fond de la tasse
  • Verser un fond d’eau froide pour réhydrater les feuilles doucement et éviter qu’elles ne soient brûlées par l’eau chaude;
  • Compléter avec l’eau chaude,
  • Vider la première eau immédiatement en gardant les feuilles grâce au couvercle pour rincer le thé.
  • En profiter pour apprécier les parfums
  • Remplir de nouveau de la même façon en passant directement à l’eau chaude, température variable selon le type de thé
  • Laisser infuser, éventuellement en remuant avec le couvercle ;
  • Boire à petites gorgées en retenant les feuilles avec le couvercle, ou bien verser dans des tasses.

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Selon le thé, les feuilles peuvent encore être infusées deux ou trois fois, en jouant sur le temps d’infusion, qui est généralement plus court. Si les tasses sont blanches, l’on pourra  admirer la teinte de l’infusion.

Comme pour la méthode ‘gongfucha‘, le temps d’infusion est à ajuster selon le thé et les goûts personnels. D’une manière générale, le temps d’infusion varie selon les thés de 10 secondes à 2 / 3 minutes.

La différence majeure entre le gaiwan et la théière se situe au niveau thermique, le Gaiwan dissipera plus vite la chaleur qu’une théière et se révèlera plus adapté pour les thés fragiles (jaune, blanc et vert).

De parois plus fin que les théières et de taille moins importantes (moins d’eau chaude), il dissipe plus rapidement la chaleur pour deux raisons principales : la différence d’épaisseur a aussi une influence non négligeable sur le goût ; plus le Gaiwan aura une fine épaisseur, plus le goût du thé pourra être apprécié. Des parois épaisses donnent pour un thé vert une certaine amertume.


Poème de LU Tong

“La première tasse humecte mes lèvres et mon gosier
La deuxième rompt ma solitude
La troisième fouille mes entrailles mises à nu
et y débusque mille volumes d’étranges idéogrammes
La quatrième suscite une légère sueur
— et tout le noir de ma vie se dissout à travers mes pores
A la cinquième tasse, je suis purifié
La sixième m’expédie au royaume des Immortels
La septième — ah, je ne saurais en absorber davantage !
Je sens seulement un souffle de vent frais gonfler mes manches.
Où est Peng Lai Shan * ?
Ah ! Laissez-moi chevaucher cette douce brise et m’envoler loin d’ici !”

* Peng Lai Shan : un des paradis taoïstes

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