Par Emmanuel
En complément de notre article de septembre dernier à propos du couteau et de l’autoprotection en Taïchi Chuan (https://lishan.fr/taichi-self-defense-au-couteau-sortir-des-illusions-tout-en-se-preparant-au-pire/), voici quelques réflexions supplémentaires sur la « self-defense » du Taïchi.
Nous évoquons régulièrement dans nos colonnes l’importance de l’aspect martial du Taïchi Chuan, qui est une composante essentielle de l’art. Certes, si notre discipline est bien plus à nos yeux qu’une simple méthode de « self defense » et si cet aspect est bien loin d’être son premier atout, elle reste quoiqu’on en dise, issue des arts martiaux anciens. Il nous semble donc important de ne pas l’amputer de son caractère martial, dont la pratique, quel que soit l’âge ou la condition physique, peut apporter de nombreuses qualités, physiques ou psychologiques…
Il m’arrive parfois d’officier dans des jurys d’examens de Duan fédéraux, et bien souvent la question de l’efficience des applications martiales se pose… Il semble que la plupart des candidats aux premiers échelons (1er, 2ème, voire 3ème Duan) n’ont souvent qu’une conception très limitée de l’aspect martial du Taïchi… Il est donc souvent bien délicat d’évaluer les prestations tant les applications sont farfelues, impraticables, lentes, à mauvaise distance, etc… et cela amène parfois des discussions bien animées avec mes collègues du jury !
Il est vrai, comme nous l’explique notre professeur, que « l’Efficacité ne dépend pas de la martialité ».
« Elle émerge d’une posture, d’une façon d’être au monde, d’une attention de tous les instants…
Ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment, car lorsque le sabre sort du fourreau, il est déjà trop tard »…
Néanmoins, il est essentiel de s’entraîner à cet aspect (en toute sécurité). Non seulement les qualités de vigilance, d’écoute, la capacité à se placer, se déplacer, à rester souple… s’en trouveront améliorées, mais en également, la confiance en soi ainsi qu’une certaine prudence, voire compétence à éviter les problèmes, se développeront.
“Sans le Chuan, il n’y a pas de Taïchi Chuan”
Le style « Cheng Man Ching » n’est pas connu pour être le plus martial des styles de Taïchi… Pourtant le Me Cheng était réputé et reconnu (entre autre) pour ses capacités martiales (https://lishan.fr/lhabilete-martiale-du-me-cheng-man-ching/). Alors qu’il enseignait à New York, il fut très ému en apprenant l’agression au couteau d’une de ses élèves à la sortie de son cours de tai-chi. Lorsqu’elle lui dit qu’elle n’avait rien pu faire, il éprouva de la colère et à la suite de cet évènement, créa une classe de « tai-chi défense », application des principes du tai-chi à l’autoprotection. Il disait que le tai-chi était un « Chuan » et qu’à ce titre, il devait être fonctionnel et donc permettre de protéger la vie, sinon, ce n’était pas du Tai-chi Chuan.
Alors prenons exemple sur le vieil ermite !
Ci-dessous, avec mon professeur dans la cuisine du daoguan, à l’occasion d’une discussion durant le repas sur l’application du Taïchi sur une agression au couteau (couteau à beurre en l’occurence, n’ayant rien d’autre sous la main 😂 ! ).
Comme il nous l’évoque bien souvent, le Taïchi s’apprend lentement, mais peut (doit ?) se pratiquer très vite ! On voit ici tout l’intérêt des postures, du tuishou, et des principes de fluidité, continuité du mouvement et relâchement !
Envie d’essayer ?









